Présidentielle 2022 : quelles ambitions pour les médias ?


Le sociologue Gérald Bronner devant l’Elysée, à Paris, le 29 septembre 2021, lors de la cérémonie de lancement des « Lumières de l’ère numérique », une commission qu’il présidera.

Au-delà de la question de l’audiovisuel public, il faut tendre l’oreille très fort, ou lire entre les lignes, pour découvrir les ambitions pour les médias que portent les deux finalistes à l’élection présidentielle. « Dans aucun des deux programmes les mots “presse” et “médias” n’apparaissent, regrette Nicolas Vescovacci, le président du collectif Informer n’est pas un délit. Ni chez Emmanuel Macron ni chez Marine Le Pen, la liberté d’informer, la manière d’exercer nos métiers, la nécessité de repenser la concentration dans les médias, etc., ne sont une priorité. »

Dans leurs programmes disponibles en ligne, l’un avance une proposition, l’autre, aucune. Pour Emmanuel Macron, un deuxième mandat pourrait être l’occasion du lancement d’« états généraux pour le droit à l’information, afin de lutter contre toutes les tentatives d’ingérence et donner aux journalistes le meilleur cadre pour remplir leur mission essentielle, en associant les citoyens ». Lundi 18 avril, sur France 5, le candidat LRM a répété son désir de renforcer « le droit à une information libre et indépendante », qui pourrait être évalué lors d’un « débat d’experts et démocratique, dans les premiers mois du quinquennat ».

Un horizon directement inspiré du travail de Reporters sans frontières, cité à deux reprises le 4 avril, lors de sa conférence de presse à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). « L’idée n’est pas de contrôler l’information, mais de faire en sorte qu’il y ait une forme de reprise de contrôle citoyenne, démocratique, de cette information », précise Christophe Deloire, le secrétaire général de l’ONG. La possibilité de conditionner les aides publiques au respect de certains mécanismes d’autorégulation ou de critères d’indépendance fait partie des pistes de réflexion.

Une nécessaire « loyauté »

Cette attention au besoin de « protection des espaces informationnels », analogiques comme numériques, a pu grandir chez Emmanuel Macron à la lecture du rapport consacré à la désinformation et au complotisme du sociologue Gérald Bronner, rendu le 11 janvier. Mais, ce jour-là, lors de la présentation de ses vœux à la presse, le président s’est également fendu d’un hommage au travail de la presse face aux « fake news » qui ont déferlé avec la crise sanitaire. « Il nous a même remerciés pour le rôle qu’on avait joué dans la réécriture du SNMO ! » – le schéma national du maintien de l’ordre, dont la première version menaçait la liberté d’informer (comme s’en était inquiétée une quarantaine de sociétés de journalistes et de rédactions) – se souvient Emmanuel Vire, le secrétaire général du SNJ-CGT, qui assistait à cette cérémonie au côté de son alter ego du SNJ, Emmanuel Poupard.

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via LeMonde

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