Projet d’attentat à Villepinte : la condamnation des trois Iraniens confirmée par la cour d’appel d’Anvers


Devant le tribunal d’Anvers, où sont jugés trois Belgo-Iraniens impliqués dans un projet d’attentat à Villepinte, le 4 février 2021.

La cour d’appel d’Anvers (Belgique) a confirmé, mardi 10 mai, les peines prononcées en première instance, en février 2021, contre trois Belgo-Iraniens impliqués dans un projet d’attentat qui visait à faire exploser une bombe lors d’un meeting du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI) organisé en France à Villepinte (Seine-Saint-Denis), en juin 2018, où étaient attendues des dizaines de milliers de personnes, dont de nombreuses personnalités politiques de premier plan.

La cour a même aggravé celle de l’un des trois prévenus, Amir Saadouni, 42 ans, condamné à dix-huit ans de détention au lieu de quinze. Sa compagne, Nasimeh Naami, 37 ans, et un complice, Mehrdad Arefani, 58 ans, ont reçu respectivement des peines de dix-huit et dix-sept ans de réclusion.

Un autre Iranien jugé en Belgique, Assadolah Assadi, un conseiller de l’ambassade iranienne à Vienne, n’avait pas fait appel de sa condamnation à la peine maximale, vingt ans d’emprisonnement, en première instance, par le tribunal d’Anvers. Il était, selon les juges belges, « le cerveau opérationnel » du projet d’attentat.

Spécialisé dans la surveillance des opposants iraniens à l’étranger, Assadi avait été formé à l’usage des explosifs et s’était livré à une opération de repérage en France en compagnie d’un mollah réputé proche du Guide suprême Ali Khamenei. Il avait, à Luxembourg, remis la bombe à ses comparses, membres, comme lui, d’une sous-section du ministère iranien du renseignement et de la sécurité (MOIS). Les juges belges ont désigné cette structure (le « département 312 ») comme l’organisatrice du projet, sans toutefois affirmer que l’Etat iranien était directement impliqué dans cette action terroriste. Le CNRI, en revanche, affirme que la mission du quatuor avait été approuvée par le Guide suprême et le président de la République iranienne.

Un Irano-Suédois condamné à mort en Iran

Le couple Saadouni-Naami avait été arrêté à Bruxelles alors qu’il se mettait en route pour la France. M. Arefani avait, lui, été appréhendé à Villepinte, où il devait guider les poseurs de la bombe, tandis que M. Assadi était intercepté par la police allemande au moment où il tentait de regagner l’Autriche. Absent de toutes les audiences à Anvers, il a invoqué son immunité diplomatique. A l’issue de sa condamnation en 2021, le porte-parole de la diplomatie iranienne avait dénoncé une procédure « illégale ». Mardi, la libération de M. Assadi a été, à nouveau, réclamée par Téhéran.

L’arrêt de la cour d’appel d’Anvers a de quoi inquiéter la famille d’Ahmad Reza Jalali, un professeur de l’université libre flamande de Bruxelles (VUB), arrêté en 2016 lors d’une mission qu’il effectuait en Iran. Cet Irano-Suédois a été convaincu d’espionnage au profit d’Israël et condamné à la peine capitale. Selon plusieurs sources, le sort de l’universitaire, dont la condamnation a été confirmée le 4 mai à Téhéran, risquait d’être lié à la décision de la justice belge.

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via LeMonde

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