« Projet Pegasus » : l’Algérie très surveillée par le Maroc

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Publié aujourd’hui à 13h08

Le 30 mars 2019 aura été fatal à Saïd Bouteflika. Ce samedi-là, le frère du chef de l’Etat algérien se démène pour sauver ce qui peut encore l’être. La présidence d’Abdelaziz Bouteflika est en passe d’être emportée par les manifestations massives réclamant son départ. Et son pouvoir à lui, qui s’était renforcé en parallèle à l’affaiblissement d’Abdelaziz, malade, est également bien menacé.

Devenu un quasi-régent, il a tout à perdre. Aussi tente-t-il ce jour-là un dernier coup de poker pour essayer de démettre l’ombrageux et tout-puissant chef d’état-major de l’armée, Ahmed Gaïd Salah.

Cet événement, comme bien d’autres de l’année 2019, sont étroitement surveillés par les hommes de Gaïd Salah. Mais ces derniers ne sont pas les seuls à porter un regard attentif à ce qui se trame dans le pays. Un opérateur des services de sécurité du Maroc s’intéresse aussi de près au climat politique qui règne en Algérie.

Plus de 6 000 numéros sélectionnés par le Maroc

Dans ce pays, plus de 6 000 numéros de téléphone appartenant à des responsables politiques, des militaires, des chefs des services de renseignement, des hauts fonctionnaires, des diplomates étrangers en poste ou des militants politiques ont été sélectionnés comme cibles potentielles du logiciel espion Pegasus par le client marocain de l’entreprise israélienne NSO. Selon les données partagées par l’organisation Forbidden Stories et Amnesty International au Monde, le Maroc est un gros utilisateur du logiciel et ces 6 000 numéros constituent une cohorte importante, au regard des 50 000 coordonnées téléphoniques sélectionnées dans le monde, entre 2017 et 2019.

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Dans cette opération de surveillance, le Maroc ne s’est pas limité au territoire algérien. Les numéros présumés de citoyens algériens, diplomates pour la plupart, ont été visés au moins en Afrique du Sud, en Angola, en Belgique, au Burkina Faso, au Canada, en Côte d’Ivoire, aux Emirats arabes unis, en Egypte, en Espagne, en Ethiopie, en Finlande, en Indonésie, en Iran, au Kenya, en Mauritanie, au Maroc, en Namibie, au Niger, au Nigeria, en Ouganda, en République tchèque, au Rwanda, au Sénégal, en Suède, en Suisse, en Syrie, en Tunisie, en Turquie et au Zimbabwe.

En France, l’opérateur de Pegasus s’est sans surprise intéressé à l’ambassade d’Algérie et au numéro de l’ambassadeur d’Algérie, Abdelkader Mesdoua, ou à celui attribué au colonel Karim Hadj Sadok, l’attaché militaire. De l’autre côté de la Méditerranée, c’est le numéro de l’ambassadeur de France de l’époque, Xavier Driencourt, et celui attribué à l’attaché militaire français qui ont été ciblés. En plus d’un autre qui aurait appartenu à l’ambassadeur de l’Union européenne à Alger.

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via LeMonde

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