« Projet Pegasus » : le téléphone de Charles Michel sélectionné quand il était premier ministre de la Belgique

Par Joël Matriche

Publié aujourd’hui à 20h49

Un numéro de téléphone appartenant à Charles Michel, alors qu’il était premier ministre de la Belgique, a été saisi en 2019 par le client marocain de l’entreprise NSO Group. Comme l’ancien ministre des affaires étrangères et eurodéputé Louis Michel, son père, lui aussi ciblé selon les conclusions de l’enquête menée par Le Soir, Knack, Forbidden Stories, Le Monde, Radio France et douze autres médias, réunis au sein du « Projet Pegasus ».

L’ancien premier ministre belge, qui a pris la présidence du Conseil européen en décembre 2019, a été sélectionné comme cible éventuelle en mars de la même année par l’utilisateur marocain du logiciel espion Pegasus. A la même période que le chef de l’Etat français Emmanuel Macron, selon l’enquête collaborative menée par le « Projet Pegasus » sur l’utilisation de ce mouchard commercialisé par l’entreprise israélienne NSO Group. « Nous étions conscients des menaces, et des mesures ont été prises pour limiter les risques », a brièvement réagi Charles Michel, contacté par Le Soir.

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L’appareil utilisé par l’homme politique belge en mars 2019 n’ayant pu être analysé par le Security Lab d’Amnesty International, il n’est pas possible de dire s’il a effectivement été infecté par Pegasus. En effet, la liste de 50 000 numéros (sélectionnés par des clients de Pegasus) que le consortium a pu analyser compile des coordonnées téléphoniques présélectionnées, en vue d’une possible tentative d’infection. Pour aller plus loin et vérifier si une tentative de piratage a bien eu lieu et a réussi, une analyse technique de l’appareil est nécessaire.

Père et fils

Le téléphone de Louis Michel a été sélectionné en vue d’un potentiel ciblage, alors qu’il présidait l’Assemblée parlementaire paritaire où siègent des représentants de l’Union européenne et de la zone Afrique, Caraïbes, Pacifique. Le rôle de M. Michel, outre l’examen des questions de développement, est aussi et surtout de promouvoir les processus démocratiques.

Apprenant l’intérêt dont il a fait l’objet de la part d’un des clients de NSO – vraisemblablement le Maroc –, Louis Michel s’est dit « étonné » et « troublé », réagissant dans un entretien avec Le Soir et Knack. « Je ne me serais jamais imaginé que les nouvelles technologies puissent être à ce point intrusives et extrêmement dangereuses pour le fonctionnement de la démocratie. » « Je suis très heureux d’avoir été informé de cette tentative d’intrusion dans mon travail politique, qui consistait et consiste encore à favoriser et à aider à la résolution des conflits », a-t-il ajouté.

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via LeMonde

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