« Projet Pegasus » : les affaires de Dassault et EDF en Inde surveillées par New Delhi

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Publié aujourd’hui à 18h00

A l’été 2018, l’Etat indien commence à prendre au sérieux les accusations lancées par Rahul Gandhi. Pas un jour ne passe sans que le leader de l’opposition ne critique le contrat estimé à 8 milliards d’euros signé en septembre 2016 entre l’Inde et la France, pour la vente de 36 avions de combat. Il le qualifie d’« escroquerie », s’étonne que le prix ne soit pas rendu public, soupçonne le gouvernement de corruption, et reproche au premier ministre, Narendra Modi, d’avoir choisi un de ses proches, le riche homme d’affaire Anil Ambani, comme l’un des bénéficiaires des « offsets », c’est-à-dire la moitié du contrat qui doit être dépensée et sous-traitée en Inde, soit un joli pactole.

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A un an des élections prévues en mai 2019, ces attaques pourraient bien ternir l’image de M. Modi, surtout que les médias donnent de plus en plus d’importance à cette « affaire Rafale ». C’est à cette période qu’Anil Ambani et ses proches sont sélectionnés pour une éventuelle mise sous surveillance par le logiciel espion Pegasus, capable d’aspirer tout le contenu d’un téléphone sans que rien n’indique à l’utilisateur que son appareil a été piraté. Leurs coordonnées figurent dans une liste de 50 000 numéros, consultée par l’organisation Forbidden Stories et Amnesty International et partagée avec dix-sept médias, dont Le Monde, réunis au sein du « Projet Pegasus ».

Se trouvent parmi les potentielles cibles Tony Jesudasan, bras droit d’Anil Ambani, nommé à la tête de la nouvelle entreprise partenaire de Dassault en Inde, Reliance Defence Limited, ainsi que son épouse, Parul Sharma Jesudasan. L’homme d’affaires n’a pas d’expérience dans l’aéronautique ni l’industrie de la défense, mais connaît mieux que personne les corridors du pouvoir et alimente régulièrement la presse indienne en rumeurs et en anecdotes. « Il a la réputation de beaucoup parler, sans doute trop », dit de lui un haut fonctionnaire indien qui n’apprécie pas son manque de discrétion.

Mais M. Jesudasan bénéficie de la confiance de son patron et l’accompagne dans tous ses déplacements en France, notamment à l’Elysée, où il rencontre François Hollande. Sans doute se sait-il surveillé, lui qui préfère communiquer par fax plutôt que par e-mail. La sélection quelques semaines plus tôt de Prashant Sukul, un haut fonctionnaire chargé de la bonne mise en œuvre des clauses d’offsets au ministère de la défense montre que l’Etat indien s’intéresse de près à l’argent qui doit être déboursé par Dassault en Inde.

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via LeMonde

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