« Projet Pegasus » : les numéros de treize chefs d’Etat et d’exécutif en exercice sur la liste des cibles potentielles du logiciel espion

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Publié aujourd’hui à 09h53

Il est bien révolu le temps où l’art de l’espionnage consistait à infiltrer un espion dans la cour d’un monarque ou dans son entourage. Aujourd’hui, c’est à son téléphone qu’on s’intéresse. Et, comme l’a montré l’enquête du « Projet Pegasus », des smartphones appartenant à treize chefs d’Etat et d’exécutif – dans l’exercice de leurs fonctions – figurent parmi les quelque 50 000 numéros de téléphone sélectionnés comme des cibles potentielles du logiciel espion Pegasus, commercialisé par l’entreprise israélienne NSO Group.

Cette liste, consultée par Forbidden Stories et Amnesty International, et partagée avec dix-sept médias, dont Le Monde, inclut trois présidents en exercice – Emmanuel Macron en France, Barham Salih en Irak et Cyril Ramaphosa en Afrique du Sud –, trois premiers ministres également en fonctions – Imran Khan au Pakistan, Saad-Eddine El-Othmani au Maroc et Moustafa Kemal Madbouli en Egypte – et Mohammed VI, le roi du Maroc.

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Sept anciens premiers ministres ont également été ciblés lorsqu’ils occupaient leurs postes : Ahmed Ben Dagher au Yémen, Saad Hariri au Liban, Ruhakana Rugunda en Ouganda, Edouard Philippe en France, Charles Michel en Belgique, Noureddine Bedoui en Algérie et Moustafa Kemal Madbouli en Egypte (lors de son premier mandat). Les médias partenaires du « Projet Pegasus » ont vérifié l’authenticité de ces numéros, mais faute d’avoir réalisé des analyses techniques sur les téléphones concernés, il n’est pas possible de dire s’ils ont bien été infectés par le logiciel israélien. Potentiellement ciblé par le Maroc, Charles Michel a brièvement réagi, le 19 juillet, auprès d’un journaliste de notre partenaire du Soir, minimisant son ciblage d’un laconique : « Nous étions au courant de ces menaces et des mesures ont été prises pour limiter les risques. »

Les ambassadeurs passent, les téléphones restent

Outre l’espionnage de chefs d’Etat, un objectif commun à plusieurs services de renseignement, les ambassades et les diplomates sont particulièrement ciblés par Pegasus. Dans deux cas, des ambassades françaises ont intéressé des pays qui sont des alliés traditionnels de la France dans leur région respective : le Maroc et les Emirats arabes unis.

L’ambassade de France à Alger a ainsi été ciblée de plusieurs manières par le Maroc. Les numéros de l’ambassadeur de l’époque, Xavier Driencourt, de son bras droit, Jean-Baptiste Faivre, et un numéro correspondant à celui de l’attaché militaire ont été sélectionnés au cours de l’année 2019, dans un contexte de tentatives d’intrusion à grande échelle ciblant l’Algérie. Et, selon nos informations, le numéro de téléphone de Xavier Driencourt était, le 19 juillet, toujours utilisé par son successeur, François Gouyette.

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via LeMonde

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