Quelques jours après la visite de Pelosi, une délégation du congrès américain arrive à Taïwan


Sur cette photo publiée par le ministère taïwanais des affaires étrangères, de gauche à droite, Alan Lowenthal, membre démocrate de la Chambre des représentants de Californie, John Garamendi, membre démocrate de la Chambre des représentants, Donald Yu-Tien Hsu, directeur général du département des affaires nord-américaines du ministère taïwanais des affaires étrangères, Don Beyer, membre démocrate de la Chambre des représentants de Virginie, et John Garamendi, membre républicain de la Chambre des représentants. Après leur arrivée à bord d’un avion du gouvernement américain à l’aéroport de Songshan à Taipei, Taiwan, le dimanche 14 août 2022.

C’est une visite qui n’était pas annoncée. Les parlementaires américains – un sénateur et quatre représentants, des démocrates et un républicain – vont notamment rencontrer le président Tsai Ing-wen et le ministre des affaires étrangères Joseph Wu, selon le ministère taïwanais des affaires étrangères. Cette délégation du congrès américain est arrivée dimanche à Taïwan, et restera jusqu’au lundi 15 août, selon l’institut américain à Taïwan, l’ambassade des États-Unis dans l’île.

La visite survient quelques jours après la fin de vastes manoeuvres militaires, les plus importantes jamais réalisées par Pékin autour de Taïwan. La riposte avait été déclenchée par une visite de la présidente de la chambre américaine des représentants, Nancy Pelosi, qui avait rendu la Chine furieuse. Le pays estime que Taïwan, peuplée d’environ 23 millions d’habitants, est l’une de ses provinces, qu’elle n’a pas encore réussi à réunifier avec le reste de son territoire depuis la fin de la guerre civile chinoise (1949).

Là encore, la Chine répond avec colère. L’agence officielle Xinhua a publié un commentaire avec pour titre : « Les politiciens américains devraient cesser de jouer avec le feu sur la question de Taïwan ». A l’inverse, le ministre taïwanais des affaires étrangères a lui, salué dans un communiqué, la décision américaine :

« Alors que la Chine continue à faire monter les tensions dans la région, le Congrès américain a de nouveau envoyé une délégation de haut niveau à Taïwan, démontrant ainsi une amitié qui n’est pas effrayée par les menaces de la Chine et souligne le soutien résolu des Etats-Unis envers Taïwan ».

Taipei, capitale de Taïwan, a accusé la Chine d’avoir pris prétexte de la visite de Nancy Pelosi pour s’entraîner à une invasion. En réponse, les Etats-Unis ont réaffirmé leur engagement dans la région : les parlementaires américains discuteront « des relations entre les Etats-Unis et Taïwan, des questions de sécurité régionale, de commerce et d’investissement, du changement climatique », d’après un communiqué de l’institut américain.

22 avions et six navires chinois opérant près du détroit de Taïwan

Des responsables américains se rendent fréquemment dans cette île, mais la Chine avait jugé que la visite de Mme Pelosi, la plus haute responsable américaine à se rendre sur l’île depuis des décennies, était une provocation majeure. Opposé à toute initiative donnant aux autorités taïwanaises une légitimité internationale, Pékin est vent debout contre tout contact officiel entre Taïwan et d’autres pays.

Face aux manoeuvres lancées par Pékin en représailles, Taïwan avait organisé ses propres exercices, simulant alors l’organisation de sa défense face à une invasion chinoise. Pékin n’a mis fin à ses exercices qu’après avoir réitéré ses menaces envers Taipei et déclaré qu’elle continuerait à patrouiller dans le détroit de Taïwan.

Dans son point quotidien, le ministère taïwanais de la défense a affirmé dimanche avoir détecté 22 avions et six navires chinois opérant près du détroit. 11 des avions ont dépassé la ligne médiane, une démarcation non officielle entre Taïwan et la Chine que Pékin ne reconnaît pas.

Comment Pékin envisage de reprendre l’île

Le Bureau des affaires de Taïwan, un organisme du gouvernement chinois, a publié mercredi un « Livre blanc » détaillant la manière dont Pékin envisage de reprendre l’île, notamment via des incitations économiques. Il y est inscrit :

« Nous sommes disposés à créer un vaste espace (de coopération) afin de parvenir à une réunification pacifique. Mais nous ne laisserons aucune marge de manoeuvre aux actions séparatistes ayant pour objectif une pseudo-indépendance de Taïwan. La force serait utilisée en dernier recours, en cas de circonstances impérieuses. Nous serions contraints de prendre des mesures drastiques face aux provocations des séparatistes ou de forces extérieures, si ceux-ci venaient à franchir nos lignes rouges ».

Le dernier Livre blanc sur Taïwan publié par la Chine remonte à 2000.

Washington avait répliqué vendredi en annonçant un renforcement de ses relations commerciales avec Taïwan et de nouveaux passages aériens et maritimes dans le détroit, en réponse aux actions « provocatrices » de la Chine.

Le Monde avec AFP

via LeMonde

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