Raffaele Cutolo, chef sanguinaire de la mafia napolitaine, est mort

Il était surnommé « le Professeur » et était le protagoniste de l’une des périodes les plus sanguinaires de la mafia napolitaine dans les années 70 et 80. Le chef mafieux Raffaele Cutolo est mort d’une septicémie, à l’hôpital de Parme en Emilie-Romagne (dans le nord de l’Italie), mercredi 17 février, à l’âge 79 ans, a rapporté jeudi la presse italienne.

M. Cutolo est mort après plus de cinquante-sept années passées en détention. Il n’a jamais montré de signes de remords ou collaboré avec la justice sur le rôle de l’organisation qu’il avait fondée, la Nuova Camorra organizzata (« Nouvelle Camorra organisée »), et qui avait autorité sur tous les autres clans.

Né en 1941 dans la région de Naples, sa vie avait basculé en 1963 lorsque à 22 ans il fut condamné pour la première fois à la prison à la perpétuité pour le meurtre d’un homme qui avait offensé sa sœur. En prison, son charisme et ses talents de poète lui ont valu le surnom de « Professeur » chez ses codétenus.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Casal di Principe, le berceau de « Gomorra »
Raffaele Cutolo lors d’une audition en 1997 à Naples.

300 meurtres par an

La singularité de son organisation est qu’elle a été gérée depuis la cellule des prisons où il a passé quasiment toute sa vie d’adulte. Avec lui, fini la division du pouvoir entre les grandes familles de la Camorra, la mafia napolitaine, qui doivent toutes lui rendre des comptes en raison de la violence de ses hommes, qui le vénèrent.

Son pouvoir était tel qu’il avait des rapports avec les services secrets et le monde politique. Grâce à ses contacts, il obtint par exemple d’importants contrats lors de la reconstruction d’Irpinia, une ville du sud détruite en 1980 par un tremblement de terre qui fit près de 3 000 morts. Ces contrats furent attribués à des entreprises contrôlées par ses hommes de confiance.

Son règne fut marqué par des vagues de meurtres, en moyenne trois cents par an, et son empire allait de la contrebande de cigarettes aux contrats avec les administrations publiques. Au cours de sa vie, qui a inspiré des dizaines de livres et même un film, il a répété plusieurs fois être en possession de secrets qui auraient pu ébranler l’Etat italien, sans toutefois jamais passer à l’acte. « Il a été un boss puissant, plus encore qu’un premier ministre. Un pouvoir qui l’a tenu en prison toute sa vie », a commenté l’écrivain napolitain Roberto Saviano, cité par le quotidien La Stampa.

Le Monde avec AFP

via LeMonde

Total
1
Shares
Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Previous Post

Au Brésil, le non-carnaval s’achève dans la résignation

Next Post

Tourner le dos aux salons de massage

Related Posts