RDC : augmentation de 50 % des violations des droits humains en août, selon l’ONU

Des soldats de la Monusco montent la garde devant l’église catholique Emmanuel Butsili, à Béni, le 27 juin 2021.

Les Nations unies ont enregistré en août une augmentation de 50 % par rapport à juillet des violations des droits de l’homme dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), imputables aux groupes rebelles mais aussi à l’armée, ont-elles indiqué mercredi 29 septembre à Kinshasa.

Le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) a documenté au mois d’août dans le pays 739 « violations et atteintes » – contre 492 le mois précédent – ayant causé la mort d’au moins 293 civils, dont 63 femmes et 24 enfants, selon un document présenté lors d’un point de presse de la Mission des Nations unies en RDC (Monusco).

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Presque la totalité des violations (quelque 94 %) ont été relevées dans les régions affectées par les conflits armés, en particulier l’Ituri et le Nord-Kivu, les deux provinces placées depuis début mai sous état de siège, mesure exceptionnelle censée mettre fin aux exactions des groupes armés actifs depuis plus de vingt-cinq ans.

« Contrairement au mois précédent, les agents de l’Etat sont les principaux responsables, ayant commis près de 55 % du total des violations documentées (avec 405 violations), dont des exécutions extrajudiciaires d’au moins 40 civils, parmi lesquels 7 femmes et 3 enfants », précise le texte. Les groupes armés sont donc responsables de 45 % des violations documentées (avec 334 atteintes), « dont des exécutions sommaires d’au moins 253 personnes, dont 57 femmes et 21 enfants ».

Le rôle primordial des ADF

L’état de siège a permis « certaines améliorations concernant la situation sécuritaire », mais « de nombreux défis continuent de se poser », a commenté lors du point de presse Kaboul Aziz Thioye, directeur du BCNUDH, tout en se félicitant « des actes importants en train d’être posés » pour lutter contre l’impunité.

Concernant les exactions commises par les groupes rebelles, celui-ci a évoqué « une situation particulièrement préoccupante dans les territoires d’Irumu et de Djugu en Ituri », avec un nombre important de cas d’atteintes aux droits humains, commises pour la presque totalité par des combattants des Forces démocratiques alliées (ADF). A l’origine des rebelles musulmans ougandais, les ADF sont maintenant présentés par le groupe djihadiste Etat islamique comme sa branche en Afrique centrale.

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Selon le directeur du BCNUDH, « une nouvelle tendance » est constatée chez les ADF, « qui se coalisent avec des communautés contre les autres », jouant des antagonismes historiques entre les différents groupes communautaires de la région. Par ailleurs, lorsque des opérations militaires sont lancées contre eux, « ils se dispersent » par petits groupes, ce qui étend leur zone d’activité. « La menace est très complexe », a-t-il souligné.

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Le Monde avec AFP

via LeMonde

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