RDC : l’ancien chef de la police John Numbi a fui au Zimbabwe

L’ancien chef de la police congolaise, John Numbi, avait comparu en tant que témoin au procès en première instance sur la mort de Floribert Chebeya, en janvier 2011.

L’ancien chef de la police de République démocratique du Congo (RDC), le général John Numbi, soupçonné d’être le commanditaire de l’assassinat en 2010 du militant des droits humains Floribert Chebeya, a fui au Zimbabwe, ont indiqué, lundi 22 mars, des sources concordantes. En février, deux policiers congolais en « exil », Hergil Ilunga et Alain Kayeye Longwa, avaient affirmé à Radio France internationale (RFI) avoir participé à l’assassinat de M. Chebeya et accusé le général Numbi de l’avoir commandité.

Lire aussi RDC : des policiers en exil affirment avoir participé à l’assassinat du militant Floribert Chebeya

« Le général John Numbi a quitté la RDC et s’est réfugié au Zimbabwe il y a deux semaines. Son chargé de sécurité [garde du corps] Lunda wa Ngoie est arrêté », a écrit sur Twitter Georges Kapiamba, président de l’Association congolaise d’accès à la justice (ACAJ). John Numbi est « au Zimbabwe » et « sa ferme », à environ 50 km de Lubumbashi (sud-est de la RDC), « a été perquisitionnée samedi par des militaires de la garde présidentielle », a confirmé à l’AFP un de ses proches sous le couvert de l’anonymat : « C’est à cette occasion que l’adjudant Lunda wa Ngoie a été arrêté. »

Contactées par l’AFP, des sources sécuritaires provinciales n’ont pas réagi dans l’immédiat. « Je ne suis au courant de rien à ce sujet », a de son côté affirmé à l’AFP le porte-parole du gouvernement zimbabwéen, Nick Mangwana.

Sanctions occidentales

Figure de l’ONG la Voix des sans-voix (VSV), M. Chebeya avait été convoqué le 1er juin 2010 dans les locaux de la police à Kinshasa pour y rencontrer le général Numbi, qui la dirigeait à l’époque, lequel nie avoir fixé ce rendez-vous. Le corps de Chebeya avait été retrouvé le lendemain dans sa voiture à la périphérie de Kinshasa. Son chauffeur, Fidèle Bazana, qui l’avait accompagné à ce rendez-vous, a depuis disparu et son corps n’a jamais été retrouvé.

Le général Numbi n’a jamais été poursuivi. Il avait comparu en tant que témoin au procès en première instance, en 2011, mais n’avait pas été appelé à la barre lors du procès en appel en 2015, qui a condamné à quinze ans de réclusion un colonel de police, Daniel Mukalay, toujours incarcéré à Kinshasa, et acquitté un capitaine. En première instance, trois policiers avaient en outre déjà été acquittés et trois autres, en fuite, condamnés à mort par contumace.

Après les témoignages des deux policiers à RFI, de nombreuses voix se sont élevées pour réclamer la réouverture du procès et des poursuites contre le général Numbi. Sous sanctions américaines et de l’Union européenne pour des atteintes aux droits humains entre 2016 et 2018 sous la présidence de Joseph Kabila, dont il était l’un des principaux sécurocrates, le général Numbi a été démis en juillet 2020 de ses fonctions d’inspecteur général de l’armée par le président Félix Tshisekedi, élu fin 2018.

Le Monde avec AFP

via LeMonde

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