Relations entre le Royaume-Uni et la Chine : de l’« âge d’or » au refroidissement

David Cameron, alors premier ministre britannique, et le président chinois Xi Jinping, le 22 octobre 2015, à Cadsden (Buckinghamshire).

Ce 22 octobre 2015, la nuit vient de tomber. David Cameron s’engouffre avec Xi Jinping à l’intérieur du Plough, un pub plutôt propret du village de Cadsden, près de Chequers, la résidence de campagne des premiers ministres britanniques. La petite histoire se souviendra que le président chinois rêvait, lors de cette visite d’Etat de quatre jours au Royaume-Uni, entre réception à Buckingham Palace et rendez-vous de travail avec la crème du business et de la politique britanniques, de goûter à un authentique fish and chips. La grande histoire diplomatique retiendra, dans cet échange impromptu – le premier ministre britannique plaisantant par interprète interposé avec son homologue chinois en train de déguster ses frites – l’acmé des relations entre les deux pays.

David Cameron et son chancelier de l’Echiquier, George Osborne, défendent depuis 2010 une politique résolument sinophile et opportuniste, totalement axée sur les considérables opportunités économiques que fait encore miroiter le géant asiatique. Le Royaume-Uni est le premier pays du G7 à participer à l’Asian Infrastructure Investment Bank, la compagnie nationale chinoise CGN s’est engagée à cofinancer le projet de centrale nucléaire de Hinkley Point, les campus britanniques ouvrent grand leurs portes à des dizaines de milliers d’étudiants chinois.

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Six ans plus tard, Downing Street a définitivement abandonné cet « âge d’or » pour une des relations les plus défiantes à l’égard de Pékin parmi les démocraties occidentales – après les Etats-Unis, le Canada ou l’Australie. « Nous regardons avec attention quelles seront les conclusions de la session [de l’Assemblée populaire chinoise, ouverte le 5 mars], le projet de réforme électorale à Hongkong nous préoccupe vivement », réagissait ainsi un porte-parole du 10 Downing Street, mardi 9 mars. Cette proposition aura pour conséquence probable d’augmenter l’emprise autocratique de Pékin sur l’ex-territoire britannique, restitué par Londres à la Chine en 1997.

Pourtant très restrictif sur les questions migratoires, le gouvernement Johnson avait formulé mi-2020 une très généreuse offre de citoyenneté aux Hongkongais détenteurs d’un « passeport britannique d’outremer », après l’imposition par Pékin de sa loi de sécurité nationale sur ce territoire. Des centaines de milliers de Hongkongais sont susceptibles de saisir cette opportunité, opérationnelle depuis janvier. Fin 2020, le Parlement britannique avait aussi adopté l’interdiction d’utiliser du matériel Huawei dans les réseaux de 5génération mobile dès septembre 2021.

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via LeMonde

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