Rentrée pour les étudiants d’Ukraine : « Le ministère de l’enseignement supérieur, pour l’heure, ne s’est engagé sur aucune aide financière aux universités »

La circulaire du 22 mars avait permis de fonder tous les espoirs. A la suite des déclarations du président Macron, le ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation (Mesri) y donnait un cadre à l’accueil des étudiants venus d’Ukraine dans nos universités et dans nos grandes écoles.

Certes, il limitait cet accueil aux seuls bénéficiaires de la protection temporaire, en excluant dans une logique discriminatoire, dénoncée par de nombreuses universités et associations, les jeunes non ukrainiens que les universités ukrainiennes avaient choisi de former. Mais il garantissait aux autres l’accès aux droits sociaux, à un hébergement, à des aides financières du Crous et à un soutien psychologique.

Il mettait en ligne une plate-forme ad hoc, gérée par Campus France, permettant de recenser les besoins des étudiants et de les orienter vers les formations les plus adéquates. Il incitait les établissements à faire preuve de souplesse dans les délais et dans les procédures d’inscription. Enfin, il précisait que, pour l’accueil et la formation de ces étudiants, « les établissements publics sous tutelle [du] Mesri qui auraient besoin d’une aide financière sont invités à le signaler au Mesri », laissant sous-entendre une contribution financière de l’Etat.

Une situation bloquée

Ce cadre a été repris par le ministère de la culture qui, pour les étudiants artistes, y a ajouté un soutien exceptionnel de 300 000 euros, lequel peine toujours à être mobilisé. Quelle est la situation trois mois plus tard, au moment où la planète fête la Journée mondiale des réfugiés le 20 juin ? Rien, ou presque. Les établissements du supérieur français sont certainement les mieux préparés d’Europe pour faire face à ce type de crise.

Dès la vague migratoire de 2015, ils ont agi. Ils ont d’ailleurs été fortement encouragés par le Mesri, qui a mis sur pied, dès 2017, le programme Pause (Programme d’accueil en urgence des scientifiques et artistes en exil), lequel, à ce jour, a permis d’offrir à 335 chercheurs et 20 artistes étrangers des conditions d’exercice libres et décentes de leur métier.

De cet élan est né le réseau MEnS (Migrants dans l’enseignement supérieur). Il rassemble 52 universités et écoles qui ont voulu tirer les leçons de la crise syrienne et ont mis en place des formations dites « passerelles » de un à deux ans, permettant aux jeunes en âge d’étudier d’obtenir une qualification.

Un fort volontariat

Cette qualification est un sésame qui leur donne la possibilité, soit de s’intégrer en France, soit de contribuer aux efforts de reconstruction de leur pays d’origine. Au total, en six ans, ce sont près de 10 000 étudiants en exil qui sont sortis de ces formations passerelles. Si le gouvernement a soutenu ces formations, en abondant par l’Agence universitaire de la francophonie (AUF) un programme d’aide doté d’environ 500 000 euros (dont 200 000 euros du Mesri), les établissements ont porté la partie la plus significative de l’effort, en finançant entre 50 % et 80 % de ces formations.

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via LeMonde

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