« Restaurer ne consiste pas nécessairement à reconstituer des forêts originelles »

Tribune. Les forêts tropicales disparaissent à un rythme alarmant depuis plus de trente ans. Une récente étude publiée dans Science Advances estime que 220 millions d’hectares de forêts humides ont été perdus ces trente dernières années. Si l’on considère les forêts tropicales dans leur ensemble, ce chiffre, selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), grimpe à plus de 400 millions d’hectares.

Converties en terres agricoles, en pâturages ou en plantations industrielles, les forêts tropicales, au cours de ces trente dernières années, ont disparu à un rythme moyen d’environ 13 millions d’hectares par an. La dégradation forestière constitue une autre menace tout aussi importante que la déforestation.

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En effet, ce phénomène touche dans certaines régions comme l’Amazonie des surfaces similaires voire plus importantes que la déforestation. De plus, les forêts dégradées se montrent moins résilientes face aux changements climatiques et plus vulnérables aux incendies qui s’intensifient au cours des saisons sèches de plus en plus longues.

Des conditions essentielles

Les conséquences de la déforestation et de la dégradation forestière sont parfaitement connues et régulièrement publiées par les scientifiques, notamment dans les rapports du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) : émissions de CO2 (12 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre), perte de la biodiversité terrestre dont 80 % est abritée dans les forêts, notamment tropicales, enfin, dérèglement climatique local. Les conséquences sont aussi sociales et économiques puisque, par exemple, les 2 milliards d’hectares de terres dégradées issues de la déforestation dans le monde compromettent le bien-être de plus de 3 milliards de personnes.

Face à ces pertes, la restauration apparaît comme une des solutions visant à reconstituer une partie du couvert forestier perdu au cours des précédentes décennies. Ainsi, depuis 2011, dans le cadre du Bonn Challenge, les engagements de nombreux pays à entreprendre des programmes ambitieux de restauration se sont multipliés, mais, sur le terrain, ils tardent encore à se concrétiser. Les Nations unies lanceront officiellement, le 5 juin, la décennie de la restauration des écosystèmes.

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Ces programmes ambitieux de restauration des territoires incluant la restauration forestière peuvent aussi et surtout fournir une solution efficace de lutte contre la déforestation et la dégradation forestière, à condition qu’ils soient conçus et mis en œuvre en respectant certaines conditions essentielles.

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via LeMonde

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