Royaume-Uni : à Leicester, « beaucoup dépriment » après un an de confinement

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Publié aujourd’hui à 02h35

Des chaises espacées d’au moins deux mètres sur une moquette à motifs graphiques, une hauteur sous plafond impressionnante : Peter Soulsby, le maire de Leicester, reçoit dans l’immense salle communale de cette grosse ville des Midlands de l’Est (330 000 habitants). Le 30 juin 2020, « c’était plein de journalistes. J’étais là, quand j’ai reçu un coup de fil de Downing Street. C’était Boris Johnson qui me disait juste : Je suis désolé !», se rappelle l’édile travailliste de 72 ans. Maintenant, cela le fait presque rire, mais à l’époque, il était très en colère.

L’Angleterre sortait tout juste d’un confinement dur décrété le 23 mars 2020. Les magasins non essentiels avaient rouvert le 15 juin, les pubs et restaurants devaient lever le rideau le 4 juillet. Mais à Leicester, le nombre des contaminations restait trois fois plus élevé que la moyenne nationale (135 cas positifs pour 100 000 habitants sur les sept précédents jours) et ce 29 juin, le gouvernement conservateur a décidé – « sans aucune concertation », regrette M. Soulsby – de stopper localement le déconfinement : tout devait refermer, y compris les écoles. « Cela nous a fait une publicité très négative, le gouvernement a voulu faire un exemple », estime le maire, toujours dubitatif neuf mois plus tard.

Peter Soulsby, maire de Leicester, pose pour un portrait dans sa mairie, le 19 mars.

Voilà pourquoi cette ville industrieuse, connue pour héberger la plus forte communauté asiatique du pays (environ 50 % des habitants sont issus des minorités ethniques, dont 28 % d’origine indienne), s’est retrouvée soumise à un confinement plus ou moins dur pendant un an… Le reconfinement local décidé fin juin 2020 durait encore mi-octobre, quand Downing Street a déclenché un nouveau système de restrictions régionales, incluant Leicester, avec interdiction des visites entre différents foyers et fermeture prolongée des pubs et des restaurants. Puis, la ville a subi le reconfinement national de novembre, suivi d’un autre, encore plus dur et toujours en cours, à partir de mi-décembre.

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Un record national dont cette cité sans charme, ex-capitale de la bonneterie anglaise sous l’ère victorienne, se serait bien passée. Le centre-ville respire la morosité : les gens font la queue devant les banques, seules enseignes ouvertes avec le magasin Marks & Spencer et une grosse pharmacie Boots. Le marché couvert est déserté. « Les gens ne viennent plus en centre-ville, ils font toutes leurs courses en ligne », se désole Vicky Chapple, qui tient un stand de fruits et légumes. Un an de confinement ? « C’est juste très ennuyeux de ne pas pouvoir se voir entre amis, chez nous », lâche une toute jeune fille, à deux pas.

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via LeMonde

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