Royaume-Uni : dans la course au remplacement de Boris Johnson, une surenchère de promesses irréalistes


L’entrée du 10 Downing Street, à Londres, le 7 juillet 2022.

La course au remplacement de Boris Johnson à Downing Street s’annonce encombrée, pavée de promesses peu réalistes et orientée à droite toute. Lundi 11 juillet, cinq jours après que le dirigeant charismatique, mais gaffeur et cynique, a été poussé à la démission par son propre camp, déjà onze candidats se pressaient pour prendre sa place à la tête de l’exécutif britannique. Le nom de l’heureux élu ou de l’heureuse élue sera connu le 5 septembre, à l’issue d’une primaire interne ouverte aux seuls députés conservateurs.

Parmi les prétendants, des noms connus, des ministres préparant leur candidature depuis des semaines tels Rishi Sunak, l’ancien chancelier de l’Echiquier, et Sajid Javid, l’ex-ministre de la santé, dont les démissions, le 5 juillet, ont précipité la chute de M. Johnson. Ou encore Liz Truss, la ministre des affaires étrangères, et Jeremy Hunt, un ancien ministre de la santé, qui avait déjà tenté sa chance lors de la campagne interne pour remplacer Theresa May à la mi-2019. D’autres s’alignent sans grande chance de l’emporter (Suella Braverman, Rehman Chishti), probablement pour pousser un agenda spécifique ou sécuriser une place dans le futur gouvernement. Et lundi soir, la ministre de l’intérieur, Priti Patel, réfléchissait aussi à se lancer aussi dans la bataille.

Inquiets que cette pléthore de prétendants ne ralentisse le processus de désignation du futur premier ministre, les membres du Comité 1922, un club interne aux conservateurs chargé de fixer les règles du parti, ont arrêté un calendrier resserré et des conditions draconiennes pour le maintien dans la course.

Ne pourront s’aligner que les candidats qui auront obtenu d’ici à mardi soir le soutien d’au minimum vingt députés conservateurs. A l’issue de trois ou quatre votes éliminatoires auprès du collège des 360 députés tories – le premier tour interviendra le 13 juillet – ne devront rester que deux noms au 20 juillet, pour la fermeture estivale du Parlement. Ces deux derniers candidats seront ensuite départagés par les quelque 180 000 membres du Parti conservateur et l’identité du futur premier ministre, connue le 5 septembre.

Surenchère thatchérienne

Rarement une primaire interne des tories aura présenté une telle diversité : au moins quatre femmes veulent tenter leur chance. Et six des onze candidats, lundi, sont des enfants d’immigrés. Les parents de Rishi Sunak et de Suella Braverman sont d’origine indienne, ceux de Sajid Javid et de Rehman Chishti d’origine pakistanaise ; Nadhim Zahawi est arrivé enfant au Royaume-Uni, fuyant l’Irak avec sa famille d’origine kurde, Kemi Badenoch est d’origine nigériane.

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via LeMonde

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