Royaume-Uni : les cessions d’entreprises explosent, reflet d’une tendance mondiale

Philip Morris International (PMI) vient de peaufiner un nouveau genre de concentration industrielle verticale. Le fabricant américain des Marlboro est sur le point d’acquérir Vectura, une entreprise pharmaceutique britannique qui fabrique notamment des inhalateurs contre l’asthme. Depuis les cigarettes, qui provoquent des maladies respiratoires, entre autres, jusqu’aux soins de ces dernières, la boucle est bouclée.

Le 12 août, le conseil d’administration de Vectura a jugé l’offre d’achat de Philip Morris International à 1,1 milliard de livres (1,3 milliard d’euros) « juste et raisonnable » et recommande à ses actionnaires de voter en sa faveur. « Nous sommes extrêmement choqués, réagit Sarah Woolnough, la directrice d’Asthma UK, une association caritative. Il est complètement absurde que PMI puisse gagner de l’argent en fournissant des traitements aux gens qu’il rend lui-même malade. »

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Au-delà de la question éthique, cette acquisition est la dernière d’une avalanche d’opérations capitalistiques au Royaume-Uni. Sur les sept premiers mois de l’année, il y a eu près de 2 500 acquisitions d’entreprises britanniques, au plus haut niveau depuis 1998, selon Refinitiv, une entreprise qui compile des données financières. En valeur, à 198 milliards de dollars (168 milliards d’euros), c’est le plus haut niveau depuis 2007, l’année précédant la grande crise financière. Les acheteurs viennent très majoritairement des Etats-Unis.

Une vague qui touche tous les secteurs

La tendance continue au cœur de l’été. Les supermarchés Morrisons sont en proie depuis juin à une bataille entre les fonds d’investissement américains Fortress et Clayton Dubilier & Rice, pour un montant qui dépassera 7 milliards d’euros. Un autre combat est mené pour mettre la main sur Meggitt, un producteur de composants pour avions et centrales électriques. Lundi 16 août, Ultra Electronics, un fournisseur de la Royal Navy (la force armée maritime britannique), a été acheté par son concurrent américain Cobham pour 2,6 milliards de livres.

En mars 2021, la société de sécurité privée G4S est tombée dans le giron de l’américain Allied Universal pour 3,8 milliards de livres. La vague touche tous les secteurs. « Beaucoup d’entreprises de taille moyenne sont concernées, ce qui prouve la bonne santé du marché britannique des fusions et acquisitions », note Lucille Jones, analyste à Refinitiv.

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En partie, cet afflux de deals outre-Manche ne fait que refléter une tendance mondiale. Selon Refinitiv, les fusions et acquisitions à travers le monde sont au plus haut de leur histoire sur les sept premiers mois de l’année, pour un montant de 3 600 milliards de dollars, dépassant ainsi le précédent record de 2007 (2 900 milliards de dollars). Avec des taux d’intérêt très intéressants, il n’a jamais été aussi facile d’emprunter de l’argent à bas coût. L’industrie du capital-risque en profite, multipliant les opérations.

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via LeMonde

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