Royaume-Uni : revers électoral pour Boris Johnson


Le premier ministre britannique Boris Johnson, à Kigali, le 23 juin 2022.

Très mauvaise nouvelle pour le premier ministre britannique, Boris Johnson : son Parti conservateur a essuyé deux lourdes défaites, jeudi 23 juin, lors d’élections parlementaires partielles qui se tenaient simultanément à Wakefield, dans le Yorkshire (nord de l’Angleterre), et à Tiverton et Honiton dans le Devon (dans le Sud-Ouest). Deux claques qui affaiblissent encore un peu plus un dirigeant ébranlé par un vote de confiance début juin, auquel il a survécu de justesse, et que de nombreux commentateurs politiques considèrent désormais comme en sursis. Vendredi matin, prenant acte de ces humiliations électorales, Oliver Dowden, le président des tories, a démissionné, renforçant les doutes sur les soutiens internes à M. Johnson.

Wakefield, une circonscription brièvement conquise par les conservateurs lors de l’élection générale de 2019, a été récupérée par les travaillistes, qui ont repris leurs droits dans une ex-région industrielle qualifiée communément par les experts de « mur rouge ». Dans le Devon, une terre rurale, acquise aux tories depuis près d’un siècle et partie intégrante du « mur bleu » (les places fortes conservatrices), les électeurs ont préféré un candidat libéral démocrate. Ce dernier, Richard Foord, un ex-militaire de 44 ans, a réussi à complètement inverser la vapeur, gagnant l’élection avec 6 000 voix d’avance, alors que son prédécesseur à ce poste, Neil Parish, l’avait remporté avec une énorme majorité, 24 000 voix, à peine trois ans plus tôt.

Le candidat libéral-démocrate à l’élection partielle, Richard Foord, lors de son discours de victoire à Crediton, dans le Devon (Royaume-Uni), le 24 juin 2022.

« Il s’agit d’un résultat historique qui fait trembler la politique britannique, s’est enthousiasmé Richard Foord vendredi matin. Les électeurs ont parlé, ils ont envoyé un message clair et puissant à Boris Johnson : il dirige le pays de manière chaotique, négligente et honteuse, il est temps pour lui de partir », a ajouté l’heureux élu, jusqu’à présent complètement inconnu des médias.

« Le pays mérite mieux »

Dans le Yorkshire, la victoire travailliste était attendue, mais le candidat du Labour, Simon Lightwood, un employé du NHS, le système de santé publique britannique, l’a emporté avec une majorité très confortable de 5 000 voix. « Les électeurs de Wakefield ont démontré que le pays a perdu confiance dans Boris Johnson, ce vote est une sanction claire contre un Parti conservateur qui n’a plus ni énergie ni idées, le pays mérite mieux », a asséné Keir Starmer, le chef de file du Labour, principale force d’opposition aux tories, qui tire bénéfice du « Partygate », le scandale des fêtes à Downing Street en pleine pandémie de Covid-19, et en tête depuis près de six mois dans tous les sondages d’opinion au niveau national.

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via LeMonde

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