Sénégal : Makhtar Diop prend les rênes d’une branche de la Banque mondiale

Le vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique, Makhtar Diop, à Dakar,en juin 2014.

Makhtar Diop, ancien ministre sénégalais de l’économie et des finances, va devenir le premier Africain à prendre la tête de la Société financière internationale (IFC), branche de la Banque mondiale qui propose des financements pour stimuler l’investissement privé dans les pays en développement.

Actuellement vice-président de la Banque mondiale pour les infrastructures, Makhtar Diop va diriger l’IFC à partir du 1er mars, a annoncé l’institution jeudi 18 février dans un communiqué.

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Membre du groupe de la Banque mondiale, l’IFC est la plus importante institution mondiale d’aide au développement dont les activités concernent exclusivement le secteur privé dans les pays en développement.

Les pays luttent pour se remettre de la crise économique déclenchée par la pandémie de Covid-19 et pour acquérir suffisamment de vaccins, et « les mois à venir seront très durs », a averti Makhtar Diop lors d’une conférence de presse téléphonique.

« Passionné du développement durable »

« Le secteur privé a un rôle essentiel à jouer dans le développement. (…) Mon objectif est de contribuer à ramener les flux d’investissement dans les pays émergents pour préserver les emplois et créer des opportunités d’emploi à long terme, en particulier dans les pays les plus pauvres », a-t-il précisé.

Makhtar Diop connaît bien la Banque mondiale, puisqu’il en a été vice-président Afrique pendant six ans. L’institution a salué « un avocat passionné de l’Afrique et du développement durable au niveau mondial ».

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Il a également été directeur de la Banque mondiale au Brésil, ainsi que pour le Kenya, l’Erythrée et la Somalie, et en a été directeur en charge des finances, du secteur privé et de l’infrastructure pour l’Amérique latine et les Caraïbes. Il a par ailleurs été économiste pour le Fonds monétaire international (FMI).

Makhtar Diop aura plusieurs missions, détaille la Banque mondiale, qui cite tout d’abord celle « d’approfondir et dynamiser la stratégie 3.0 de l’IFC consistant à créer des marchés de manière proactive et à mobiliser des capitaux privés à grande échelle ».

« Apporter une réponse rapide à la crise mondiale »

Il devra également faire respecter les engagements politiques de l’IFC, à travers notamment l’augmentation des investissements dans les domaines du climat et de l’égalité des sexes, ainsi que le soutien aux pays touchés par des conflits ou considérés comme fragiles.

Les compétences de M. Diop « aideront le groupe de la Banque mondiale à apporter une réponse rapide à la crise mondiale et contribueront à bâtir une reprise verte, résiliente et inclusive », s’est réjoui le président de la Banque mondiale David Malpass, cité dans le communiqué.

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David Malpass a, lors de cette même conférence, assuré que l’IFC jouerait un rôle-clé dans les efforts de la Banque mondiale pour accélérer la distribution des vaccins : « Notre objectif est de faire vacciner autant de personnes aussi rapidement et équitablement (…) que possible » dans les pays en développement.

Il a précisé que la Banque mondiale prévoyait d’engager 3 milliards de dollars pour l’achat de vaccins d’ici à la fin mars, dans le cadre du plan d’aide de 12 milliards de dollars annoncé en octobre 2020 pour garantir aux pays en développement l’accès rapide aux vaccins.

Cette nomination intervient quelques jours après celle de la Nigériane Ngozi Okonjo-Iweala à la tête de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Elle sera elle aussi la première Africaine à diriger cette organisation.

Le Monde avec AFP

via LeMonde

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