Sri Lanka, violences et crimes sur l’« île resplendissante »


Des soldats utilisent des gaz lacrymogènes pour disperser la foule lors d’une manifestation antigouvernementale devant le bureau du premier ministre du Sri Lanka à Colombo, le 13 juillet 2022.

Les voyageurs l’ont surnommé la « perle de l’océan indien » mais le Sri Lanka, en dépit de sa réputation de paradis tropical, traîne derrière elle une triste réputation de capitale de la terreur : les quatre décennies écoulées ont vu défiler dans l’ancienne Ceylan une sinistre cohorte de despotes, de séparatistes sanguinaires, de guitaristes illuminés, de politiciens véreux et ivres de pouvoir qui ont fait main basse sur l’île au trésor (saphir, rubis, topaze, sans parler d’un autre « joyau », le thé, l’un des meilleurs au monde).

L’effondrement économique, qui a servi de déclencheur à un mouvement populaire sans précédent et conduit à la fuite du président Gotabaya Rajapaksa, vient de marquer une nouvelle étape dans la longue série de convulsions sri-lankaises. Et cela trois ans après la sidération collective provoquée par un épisode inédit d’attentats djihadistes : le jour de Pâques 2019, huit membres d’un commando suicide d’islamistes sri-lankais se font exploser dans des églises de la minorité chrétienne. L’attentat fait 268 morts et 500 blessés.

Le bilan global des quarante années écoulées est aussi triste que paradoxal : avant que la guerre civile (1983-2009) entre majorité cinghalaise et minorité tamoule ne conduise le Sri Lanka sur les chemins de la tragédie, ce pays de vingt-deux millions d’habitants était envié par ses voisins de l’Asie du Sud pour sa relative prospérité, son économie à certains égards florissante et l’indicible beauté de son environnement. Sri Lanka, ou « l’île resplendissante ». Sans parler d’un système de représentativité parlementaire qui a, tout au long de l’histoire du pays depuis l’indépendance (1948), permis l’alternance politique et de vraies parenthèses démocratiques.

Lieu de sépulture des victimes d’attaques suicides contre des églises et des hôtels de luxe à Negombo (Sri Lanka), le 25 avril 2019.

Horreurs de la guerre civile

Même si l’assassinat, en 1959, du premier ministre, Salomon Bandaranaïke, par un moine bouddhiste, n’a pas fait déraper le pays dans la violence, une toute première insurrection d’inspiration marxiste-léniniste allait l’ébranler une décennie plus tard. La révolte est emmenée par les révolutionnaires armés du Front de libération du peuple – JVP, pour son acronyme en cinghalais – qui menacèrent un temps, en 1971, le pouvoir de la cheffe du gouvernement, Sirimavo Bandaranaïke, veuve du premier ministre assassiné. Après que les combattants de ce mouvement radical ont réussi à s’emparer de quelques villes et de certaines zones rurales, Mme Bandaranaïke, qui fut la première ministre femme de l’histoire moderne, parvint à reprendre le contrôle.

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via LeMonde

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