Talibans, pacte Aukus, Mali : l’étrange discrétion de Macron au cœur des crises diplomatiques

Le président français, Emmanuel Macron, lors d’une visite de l'église Notre-Dame-de-l'Heure en cours de réhabilitation à Mossoul, le 29 août 2021.

Une élection présidentielle ne se joue pas sur l’actualité internationale, mais celle-ci a de quoi parasiter une précampagne, même informelle. De l’Afghanistan au pacte Aukus, en passant par le Mali, c’est l’amer constat que peut faire Emmanuel Macron, candidat officieux à sa réélection dans huit mois : le chef de l’Etat est confronté depuis la rentrée à une succession d’événements internationaux susceptibles d’ébranler ses positions et son bilan diplomatiques.

Etrangement, M. Macron se fait plutôt discret, au point de fuir les micros, au moment où les déconvenues se succèdent. Le chef de l’Etat avait décidé de longue date, cet été, de ne pas participer à l’Assemblée générale de l’ONU, qui s’est tenue la semaine dernière à New York. Il entendait compter ses déplacements à l’étranger, tout en préparant la présidence française du Conseil de l’Union européenne, au premier semestre 2022. Il n’a pas changé d’avis au plus fort de l’affaire des sous-marins, alors que le rendez-vous onusien lui aurait permis de défendre le multilatéralisme « à la française » et de faire entendre sa différence sur les questions du moment, comme les tensions sino-américaines, l’Iran, le climat ou la lutte contre le terrorisme.

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Après le retour au pouvoir des talibans, le 15 août, la débâcle de Kaboul avait déjà bousculé la rentrée du président français, comme celle de l’ensemble de ses homologues occidentaux. La France était, certes, un peu moins exposée au retrait précipité des troupes américaines – elle avait quitté le pays en 2014 –, mais l’exécutif a dû malgré tout improviser, sans grands moyens sur place, une opération d’évacuation de ressortissants français et de civils afghans menacés par le nouveau régime. La victoire du mouvement islamiste, qui nourrit la menace d’une résurgence d’un sanctuaire terroriste en Afghanistan, a pesé sur le voyage de M. Macron en Irak, fin août. Difficile d’échapper alors aux interrogations sur la fiabilité de l’allié américain ou à celles sur l’impact migratoire – encore ténu – du fiasco afghan. Ces enjeux seront de nouveau abordés lors d’un sommet du G20 à Rome fin octobre.

Arrangement au forceps

La crise des sous-marins provoquée par l’alliance Etats-Unis, Australie, Royaume-Uni, sous le label Aukus, constitue un revers plus cinglant encore, surtout vu de Paris, avec l’annulation de la vente à Canberra de douze sous-marins de technologie française au profit d’appareils à propulsion nucléaire américains. Le désaveu est non seulement industriel, mais aussi géopolitique. L’épisode va laisser des traces profondes, tout en rappelant à la France, en dépit du volontarisme diplomatique souvent affiché par le chef de l’Etat, qu’elle est une puissance de second rang, bien en peine de se faire respecter par son allié américain, en particulier dans la zone indo-pacifique.

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via LeMonde

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