Thierry Burkhard, un légionnaire à la tête des armées

Le nouveau chef d’Etat-major des armées, Thierry Burkhard, le 18 juin 2021 à Suresnes (Hauts-de-Seine).

Le 22 juillet, les armées françaises vont se doter d’un nouveau chef d’état-major des armées (CEMA) et c’est le général Thierry Burkhard, 56 ans, qui doit officiellement endosser la fonction, en remplacement du général François Lecointre, en poste depuis 2017. Un passage de relais très attendu dans les cercles de la défense, alors que se profile la campagne présidentielle et que la compétition stratégique mondiale ne cesse de s’aiguiser dans tous les domaines.

Si la nomination du général Lecointre avait en grande partie été une solution de circonstance – il s’était retrouvé propulsé à la tête des armées à la suite de la démission de son prédécesseur, le général Pierre de Villiers –, la passation avec Thierry Burkhard apparaît cette fois le résultat d’un choix savamment mûri. Autant le fruit d’un large consensus au sein de l’institution militaire que d’un choix élyséen d’une personnalité ayant, sur le papier, tout pour s’insérer sans encombre dans le logiciel politique macronien.

Pur produit de la méritocratie militaire

Celui qui était jusque-là chef d’état-major de l’armée de terre est un pur produit de la méritocratie militaire. Originaire de Delle, un village de 5 000 habitants du Territoire de Belfort, et issu d’un milieu relativement modeste – son père a notamment été enseignant en lycée professionnel –, Thierry Burkhard a malgré tout suivi le parcours royal pour accéder aux plus hautes fonctions. A commencer par sa porte d’entrée incontournable : Saint-Cyr, promotion Cadets de la France libre (1985-1988).

Thierry Burkhard a ensuite choisi l’infanterie, et c’est dans la légion qu’il a effectué une bonne partie de sa carrière opérationnelle. En particulier au prestigieux « 2e REP », le 2e régiment étranger parachutiste, situé à Calvi, en Corse. Il en a notamment été chef de la section commandos parachutistes. Et c’est avec le 2e REP qu’il se retrouve projeté en Guyane, en ex-Yougoslavie, au Tchad ou encore au Gabon. C’est aussi avec ce régiment qu’il participe, en 1991, à l’opération « Tempête du désert », lors de la première guerre du Golfe, en Irak.

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De culture protestante, Thierry Burkard est sans doute, de sources concordantes, le premier chef d’état-major des armées à ne pas être de confession catholique au sein d’une institution où la foi n’est pas un sujet marginal. Le général entretient toutefois une discrétion absolue sur ce point, comme sur celui de ses origines sociales, considérant, comme beaucoup au sein des armées, que l’habit et les valeurs militaires priment avant tout. L’illustration d’une ténacité qui aurait fini par faire la différence, estiment un certain nombre d’interlocuteurs.

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via LeMonde

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