Tollé en Corée du Sud contre le projet d’abaisser de 6 à 5 ans l’entrée en primaire

Les vives critiques émises en Corée du Sud contre la proposition d’avancer d’un an, soit de 6 à 5 ans, l’âge d’entrée à l’école primaire, suscite un tollé dans le pays. Le président Yoon Seok-youl doit désormais déminer une situation explosive depuis l’annonce, le 29 juillet, de ce projet. La ministre de l’éducation, Mme Park Soon-ae y voit un moyen de « garantir une éducation sûre et de qualité en intégrant les enfants dans l’enseignement public à un stade précoce ».

Il s’agit de cibler spécifiquement les enfants issus de familles défavorisées, le secteur public étant jugé à même de leur offrir un soutien réel. L’objectif est aussi de permettre aux jeunes d’arriver plus tôt sur le marché du travail et ainsi de lutter contre les problèmes de main-d’œuvre provoqués par un effondrement de la natalité. Séduit par l’idée, le président conservateur, Yoon Seok-youl, a demandé sa « mise en place rapide ». Mme Park aimerait l’appliquer par étapes, à partir de la rentrée 2025.

Mais la proposition de Mme Park est en train de mobiliser contre elle l’ensemble des syndicats de l’enseignement, de la conservatrice Fédération coréenne des associations d’enseignants (KFTA) au progressiste Syndicat coréen des enseignants (KTU). Trente-six organisations du secteur éducatif ont lancé des pétitions et organisé une manifestation, le 1er août, devant la présidence à Séoul : des parents et enseignants inquiets des risques d’une telle mesure pour le développement des enfants. « Exiger l’entrée en primaire à 5 ans est inapproprié compte tenu du niveau de développement cognitif et émotionnel des petits. Cela pourrait également avoir des effets secondaires négatifs, avec des enfants confrontés plus tôt à la forte concurrence pour l’entrée à l’université et dans l’enseignement privé », ont expliqué les syndicats dans une lettre remise à la présidence. Pour ces organisations, les enfants de 5 ans doivent pouvoir jouer, courir et se développer plutôt que passer leurs journées assis dans une salle de classe.

« Manque de sensibilité »

La proposition mécontente également les entreprises du puissant secteur privé de l’éducation. Les gérants de crèches privées s’inquiètent pour leurs revenus car les enfants de 5 ans représentent 40 à 50 % de leur « clientèle ». Au niveau politique, la mesure exige de modifier la loi sur l’éducation, inchangée depuis son adoption en 1949. Or les critiques fusent déjà dans les rangs progressistes, majoritaires à l’assemblée nationale. « Le pays permet déjà aux élèves d’entrer à l’école élémentaire un an plus tôt. Mais le nombre d’enfants de 5 ans entrés en primaire en 2021 ne dépassait pas 537, contre 9 707 en 2009 », a réagi le Parti de la justice.

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via LeMonde

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