Trois employées d’une chaîne de télévision afghane tuées en pleine rue

Des Afghans transportent, le 3 mars 2021 à Jalalabad (Afghanistan), le cercueil d’une journaliste assassinée la veille.

Alors que les pourparlers de paix interafghans, ouverts le 12 septembre 2020 à Doha, au Qatar, sont à l’arrêt, le nombre d’assassinats ciblés est remonté en flèche. Une situation de plus en plus préoccupante alors que trois employées de la chaîne de télévision privée afghane Enekaas TV ont été tuées, mardi 2 mars, dans la ville de Jalalabad, dans le nord-est du pays, non loin de la frontière pakistanaise. Ces femmes, âgées de 17 à 20 ans, ont été abattues par arme à feu en pleine rue et au milieu d’une foule passante. Deux autres femmes ont été blessées dans l’assaut.

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Mercredi matin, l’organisation Etat Islamique (EI) a revendiqué l’opération. En décembre, l’EI avait déjà assumé la mort, dans des conditions similaires, de Malalai Maiwand, l’une des présentatrices de la chaîne qui militait, par ailleurs, pour la cause féminine dans son pays. « Les soldats du califat ont ciblé trois femmes journalistes travaillant pour l’un des médias loyaux au gouvernement afghan apostat », a assuré la branche locale de l’EI, dans un communiqué. La police locale affirme avoir arrêté l’un des assaillants et mis, au contraire, en évidence son appartenance au mouvement taliban. Ce dernier a pour sa part démenti tout lien avec cet événement par la voix de l’un de ses porte-parole.

Véritable guet-apens

Ces trois jeunes femmes sont tombées dans un véritable guet-apens dont les détails commençaient à filtrer au lendemain du drame. Selon la direction de la chaîne, Shahnaz, Sadia et Mursal, de leur prénom, ont été tuées dans deux attaques distinctes alors qu’elles quittaient leur bureau pour rentrer chez elles à pied vers 16 heures. Les corps des deux premières victimes sont restés de longues minutes à même le sol avant d’être conduites à l’hôpital où les médecins n’ont pu que constater leur décès. L’une d’elles était habillée d’une burka, habit traditionnel qui masque le visage de celle qui le porte. Ces trois jeunes femmes travaillaient au sein du service de doublage des téléfilms importés de Turquie et d’Inde, au sein d’Enekaas TV.

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Ces nouvelles violences, pourtant quotidiennes, ont suscité une vague d’indignation et de condamnations au sein de la communauté internationale présente en Afghanistan et parmi les dirigeants afghans. « Avec ces lâches attaques et en causant la terreur, les talibans ne peuvent pas faire taire les voix qui s’expriment avec force pour défendre la République et les réussites de ces deux dernières décennies », a réagi le président afghan, Ashraf Ghani. Quinze collaborateurs de médias ont été tués au cours des six derniers mois. Un autre a encore été assassiné début 2021.

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via LeMonde

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