Tuerie d’Uvalde : une vidéo accablante sur l’intervention policière


Capture d’écran tirée de la vidéo de l’intervention policière dans l’école élementaire Robb, à Uvalde (Texas), le 24 mai 2022.

Une vidéo quasi insoutenable, révélée mardi 12 juillet par des médias locaux, montre le manque d’action des forces de police face à l’assaillant qui, le 24 mai, a tué dix-neuf enfants et deux enseignantes à Uvalde, dans une école du Texas.

Les images, filmées par des caméras de surveillance, un portable et la caméra embarquée d’un agent, ont été mises en ligne par le journal Austin-American Statesman et la chaîne de télévision KVUE. La fuite et la diffusion de ces vidéos dans les médias, réclamées par les proches des victimes qui devaient en voir une version éditée ce week-end – sans image du tireur ni coups de feu – avant qu’elles soient rendues publiques par les autorités, ont créé un certain malaise chez les familles, a rapporté CBS.

« La façon dont la vidéo a été publiée aujourd’hui est l’une des choses les plus lâches que j’ai jamais vue », a fustigé le maire d’Uvalde Don McLaughlin lors d’un conseil municipal, selon la même source.

Les images sont accablantes pour les forces de l’ordre, dont l’action a été qualifiée « d’échec absolu » par le directeur de la sécurité publique du Texas, Steven McCraw. Pendant 74 minutes, on y voit des dizaines d’agents arriver, de plus en plus lourdement armés, sans qu’aucun n’entre dans la classe où le tireur s’est retranché avec ses petites victimes.

Les détonations s’enchaînent

Le film débute avec l’arrivée de ce jeune homme de 18 ans, qui renverse son véhicule près de l’école primaire Robb d’Uvalde. Deux personnes se portent à son secours et sont accueillies par des tirs. Alors qu’elles repartent en courant, on le voit progresser vers l’établissement.

Le film est accompagné d’un extrait de l’appel d’urgence passé par une employée à 11 h 32, qui crie aux enfants « allez dans vos classes ». A 11 h 33, le tireur entre de manière quasi nonchalante dans l’école, glisse même une mèche derrière son oreille en tenant son fusil d’assaut pointé vers le sol.

Un jeune garçon apparaît alors à un angle du couloir, s’apprête à le suivre, quand il le voit pointer son arme vers une salle et ouvrir le feu. A partir de là, les détonations s’enchaînent rapidement pendant trois minutes, jusqu’à l’arrivée des premiers policiers à 11 h 36.

Ils sont au moins huit, avec des armes de poing et des gilets pare-balles. Ils s’avancent d’abord vers la classe, des détonations résonnent et ils se replient au bout du couloir. Trente-six minutes plus tard, ils sont toujours au même endroit, mais ont été rejoints par d’autres policiers équipés de fusils, de boucliers pare-balles et même parfois de casques.

Le détail troublant du gel hydroalcoolique

Ils sont au moins une vingtaine, originaires de différentes unités, mais n’entrent toujours pas dans la salle de classe. Détail troublant, à 12 h 30, l’un d’eux se sert en gel hydroalcoolique à un distributeur accroché au mur. A 12 h 50, des tirs résonnent. Une équipe a finalement abattu le tireur. Le film s’arrête.

Shannon Watts, fondatrice de l’organisation Moms Demand Action, qui milite pour des régulations plus strictes sur les armes à feu, l’a commenté sur Twitter.

« La police en tenue de combat attend dans le couloir de l’école et s’arrête même pour prendre du gel hydroalcoolique alors que les enfants et les enseignants se font massacrer ! », s’étrangle-t-elle en demandant plus de transparence sur les défaillances de la police.

Plusieurs enquêtes ont été ouvertes, notamment par le ministère de la justice, mais leurs conclusions n’ont pas encore été rendues.

Le Monde avec AFP

via LeMonde

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