UE-Turquie : l’apaisement avec Erdogan a un prix

Analyse. Des banlieues des villes européennes en passant par la Libye et le nord de l’Irak, voici des mois que le président turc, Recep Tayyip Erdogan, impose sa politique coercitive et maximaliste, donnant des coups de canif à l’ordre international ou à ce qu’il en reste, sans que personne ne semble en mesure de l’arrêter. Que faut-il faire avec la Turquie ? L’amadouer ou la sanctionner ? Devenue un vrai casse-tête pour ses partenaires européens, la Turquie sera évoquée lors des discussions du Conseil des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne (UE), réunis en visioconférence jeudi 25 et vendredi 26 mars.

Les dirigeants européens sont divisés sur la stratégie qu’il convient d’adopter à l’égard de cet allié au comportement problématique. Jusqu’ici, certains Etats membres, comme la France, la Grèce et Chypre, étaient favorables à des sanctions. D’autres, comme l’Allemagne l’Espagne et l’Italie, misaient sur les initiatives diplomatiques pour calmer l’ardeur belliqueuse du numéro un turc dont les navires ont semé la zizanie tout l’été en Méditerranée orientale.

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Lors du précédent Conseil européen de décembre 2020, des sanctions avaient été envisagées, notamment envers les cadres de la Compagnie turque du pétrole, l’entreprise publique chargée de l’exploration du gaz dans les eaux grecques et chypriotes. « Une liste assez longue de responsables turcs susceptibles d’être sanctionnés avait commencé à circuler à l’initiative de trois Etats membres, dont la France, mais finalement cette liste n’a pas recueilli l’assentiment général », explique un diplomate européen.

« Ton constructif »

Désormais, plus question de sanctions, la politique de l’apaisement est privilégiée. Josep Borrell, le haut représentant de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, ne dit pas autre chose dans la feuille de route qu’il a dévoilée lundi 22 mars. Il recommande notamment de coopérer davantage sur la question des migrations, d’amadouer éventuellement Ankara en lui offrant la carotte tant espérée, à savoir la modernisation de l’accord d’union douanière afin de renforcer les échanges commerciaux avec le Vieux Continent.

Vu de Bruxelles, il est devenu primordial de défendre « un agenda Turquie-UE plus positif », selon les termes du communiqué publié à l’issue de l’entretien qui s’est tenu par visioconférence, la semaine dernière, entre le président du Conseil européen, Charles Michel, la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, et M. Erdogan.

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via LeMonde

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