Ukraine : trois prisonniers étrangers, deux Britanniques et un Marocain, condamnés à mort dans le Donbass


Aiden Aslin, Brahim Saadoun et Shaun Pinner, au tribunal de Donetsk (Ukraine), le 9 juin 2022.

Deux Britanniques et un Marocain ont été condamnés à mort, jeudi 9 juin, pour leur participation à des combats dans les rangs de l’armée ukrainienne. Ce verdict, le premier contre des étrangers combattant en Ukraine, a été rendu par le Tribunal suprême de la République autoproclamée de Donetsk, contrôlée par Moscou. Les deux Britanniques, Aiden Aslin et Shaun Pinner, s’étaient rendus aux forces russes mi-avril, avec d’autres combattants retranchés dans l’usine Azovstal. Le Marocain, Brahim Saadoun, a été capturé dès la mi-mars lors des combats ayant conduit à la prise par les Russes de la ville de Volnovakha, dans le Donbass.

Le tribunal, « guidé par le principe de la justice », a reconnu ces hommes coupables de trois chefs d’accusation : suivi d’une formation dans le but de mener des activités terroristes, actions destinées à la prise du pouvoir par la force et participation en tant que mercenaire à un conflit armé. Ils ont partiellement reconnu leur culpabilité mais ont refusé le qualificatif de « mercenaires ». Selon les récits recueillis en Ukraine et les témoignages de leurs familles, Aiden Aslin, 28 ans, originaire de Newark, dans le Nottinghamshire, et Shaun Pinner, 48 ans, originaire du Bedfordshire, étaient installés en Ukraine depuis 2018, avec leurs compagnes respectives, et servaient officiellement dans l’armée ukrainienne – depuis quatre ans pour Aiden Aslin, après l’invasion russe du 24 février pour Shaun Pinner. Brahim Saadoun était étudiant en Ukraine depuis 2019.

Moscou a appuyé la lecture des autorités séparatistes faisant d’eux des mercenaires, le porte-parole du ministère de la défense, le général Igor Konachenkov, déclarant notamment avant le verdict : « Les mercenaires arrivés en Ukraine ne sont pas des combattants dans le sens du droit international, la meilleure chose qui les attend est une longue peine de prison. Ils sont venus en Urkaine gagner de l’argent et tuer des Slaves. » Un troisième Britannique, Andrew Hill, est également en cours de jugement à Donetsk, après avoir été capturé dans la région de Mykolaïv, qui n’a rien à voir avec le Donbass. Selon la Légion internationale pour la défense de l’Ukraine, qui regroupe les volontaires étrangers combattant avec l’Ukraine, Andrew Hill est lui aussi un « légionnaire qui a un contrat avec l’armée ukrainienne », et non un mercenaire.

« Une sorte de prise d’otages »

Ces combattants étrangers sont les seuls dont la présence aux mains des Russes ou de leurs supplétifs est avérée. Le 8 juin, l’agence d’Etat russe Tass indiquait toutefois le transfert en Russie, « pour la conduite d’enquêtes », de plus de mille combattants sortis de Marioupol, « dont des mercenaires étrangers ». L’armée russe affirme par ailleurs avoir tué « des centaines » de combattants étrangers sur un total, selon Moscou, de 6 824 étrangers, ressortissants de 63 pays. Ces procès visent aussi à répondre à la condamnation à perpétuité, à Kiev, d’un soldat russe jugé pour un crime de guerre.

Il vous reste 33.84% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

via LeMonde

A lire aussi

Commentaires

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Instagram

#LuBess