Un des fondateurs du groupe islamiste ADF arrêté dans l’est de la RDC

Des soldats congolais et ougandais patrouillent dans l’est de la République démocratique du Congo, le 10 décembre 2021.

Un des fondateurs des Forces démocratiques alliées (ADF), un groupe armé islamiste d’origine ougandaise, a été arrêté mardi 11 janvier dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), hors de la zone où les armées des deux pays mènent des opérations, a-t-on appris mercredi de sources militaires.

« Benjamin Kisokeranio, officiellement chef des renseignements des ADF jusqu’en 2019 et proche de l’ancien chef ADF Jamil Mukulu, a été arrêté hier [mardi] dans la région d’Uvira, dans le Sud-Kivu », a déclaré à l’AFP un haut responsable militaire congolais qui n’a pas souhaité être cité. « Il était connu par nos services, qui suivaient ses incessants mouvements dans la région », a expliqué cette source, ajoutant qu’au moment de son arrestation, « il détenait un passeport congolais ».

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Il a été capturé « près de la frontière avec le Burundi et est désormais aux mains des forces de la RDC », a déclaré à l’AFP le colonel Ronald Kakurungu, un porte-parole de l’armée ougandaise. Selon Kampala, Benjamin Kisokeranio était chargé du renseignement, des finances et de la logistique des ADF.

Né dans le maquis congolais, il est le fils de Bwambale Kisokeranio, fondateur d’un autre groupe rebelle ougandais laïc, l’Armée nationale pour la libération de l’Ouganda (NALU), qui avait fait alliance en 1995 dans l’est de la RDC avec des milices ougandaises essentiellement composées de musulmans. En 2007, après des négociations avec Kampala, son père et plusieurs rebelles de la NALU sont rentrés en Ouganda.

« Il faisait des navettes vers le Burundi »

Benjamin Kisokeranio, lui, est resté dans la jungle congolaise avec Alilabaki Kyagulanyi (connu sous l’identité de Jamil Mukulu) et le député ougandais Yusuf Kabanda (décédé), où ils sont restés avec la branche des ADF, selon un ancien fonctionnaire des Nations unies chargé des opérations de rapatriement des rebelles de la NALU.

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Le groupe ADF, le plus meurtrier en RDC, est présenté par l’organisation Etat islamique (EI) comme sa branche en Afrique centrale (Iscap). Son chef actuel, Moussa Baluku, a fait une déclaration d’allégeance à cette mouvance djihadiste internationale en 2019. « Benjamin Kisokeranio s’était opposé à cette décision et a quitté la région de Beni pour la province voisine du Sud-Kivu, d’où il faisait des navettes vers le Burundi, où vit sa famille », a expliqué à l’AFP l’ancien fonctionnaire de l’ONU.

Les armées congolaise et ougandaise mènent depuis le 30 novembre des opérations militaires conjointes contre des positions des ADF. L’armée congolaise a mené mercredi de nouvelles frappes dans la région de Beni, a constaté un correspondant de l’AFP.

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Le Monde avec AFP

via LeMonde

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