Un espion russe sous légende interpellé après avoir tenté d’infiltrer la Cour pénale internationale

Viktor Muller Ferreira, né en avril 1989 au Brésil, aurait dû rejoindre la Cour pénale internationale (CPI) comme stagiaire au mois d’avril. Mais, identifié par les services secrets néerlandais à son arrivée à l’aéroport d’Amsterdam-Schiphol, le stagiaire-espion, qui circulait sous une fausse identité, a été renvoyé au Brésil par le premier avion. Il a été arrêté dès son retour par la police brésilienne, puis incarcéré en l’attente d’un procès.

De son vrai nom Sergey Vladimirovich Cherkasov, ce Russe en réalité âgé de 36 ans aurait créé sa propre légende mi-2010, explique le service général de renseignement et de sécurité néerlandais (AIVD) dans un communiqué. Celle d’un Brésilien issu d’une famille pauvre, en délicatesse avec ses parents et désirant suivre des études de journalisme. Il devait entamer une « période d’essai de six mois à la Cour pénale internationale en tant qu’analyste junior à la section des examens préliminaires », ont expliqué les autorités brésiliennes. Sa note d’intention, écrite en portugais, et sa traduction sont jointes au communiqué des services néerlandais. Elle comprendrait plusieurs fautes d’orthographe. « Parce qu’ils [les agents sous légende] se présentent eux-mêmes comme des étrangers, ils ont accès à beaucoup d’informations qui ne seraient pas accessibles à des Russes, explique l’AIVD. L’objet principal du GRU [la direction du renseignement militaire russe] est le renseignement militaire, mais il collecte aussi des informations de nature politique ou technologique. »

Influences sur les procédures

« La construction de ce type de couverture prend généralement des années », souligne l’AIVD, qui considère l’épisode comme une « menace potentiellement très haute ». S’il était parvenu à rejoindre la CPI comme stagiaire, « il aurait eu la capacité de réunir du renseignement et de chercher (ou de recruter) des sources, et s’arranger pour avoir accès au système électronique de la CPI », estime les renseignements néerlandais, ajoutant qu’« il aurait aussi pu avoir la capacité d’influer sur les procédures criminelles de la CPI ». En détruisant ou en manipulant des éléments de preuve, voire en identifiant les potentiels témoins.

Le 2 mars, le procureur général de la CPI, Karim Khan, avait annoncé l’ouverture d’une enquête sur les crimes commis en Ukraine depuis 2014. La CPI enquête aussi depuis 2016 sur la guerre éclair de l’été 2008 qui avait opposé la Russie et la Géorgie sur le territoire de la province sécessionniste d’Ossétie du Sud. Huit jours après avoir ouvert son enquête sur l’Ukraine, M. Khan demandait aux juges de délivrer des mandats d’arrêt contre deux responsables russes et un Géorgien prorusse, pour des crimes de guerre, dans un contexte « similaire » aux évènements en Ukraine, avait-il souligné, lors de son annonce.

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via LeMonde

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