Un proche de Nestor et Cristina Kirchner condamné à douze ans de prison en Argentine

L’homme d’affaires Lazaro Baez (à gauche) et son fils Martin lors d’un procès pour blanchiment d’argent, à Buenos Aires, le 30 octobre 2018.

L’homme d’affaires argentin Lazaro Baez, un ancien employé de banque devenu un richissime entrepreneur du BTP, a été condamné, mercredi 24 février, à douze ans de prison pour blanchiment d’argent. La justice a établi que son immense fortune ne s’est pas faite grâce à son sens du négoce, mais grâce à un système de corruption et d’évasion fiscale. Il s’agit de la première condamnation contre un « entrepreneur K [pour Kirchner] », ces hommes d’affaires accusés de s’être enrichis de manière frauduleuse pendant les mandats de Nestor Kirchner (2003-2007) puis de son épouse Cristina Fernandez (2007-2015).

Même si le nom de cette dernière n’a pas été cité pendant le procès, la condamnation, exceptionnelle dans un pays plutôt habitué à l’impunité des corrompus donne des sueurs froides à l’ex-présidente, aujourd’hui vice-présidente du pays. Elle-même est mise en examen dans une dizaine d’affaires, dont certaines impliquent aussi Lazaro Baez.

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Après deux ans et demi de procès, un tribunal de Buenos Aires a jugé M. Baez – un ami intime des Kirchner depuis l’époque où Nestor Kirchner était gouverneur de la province de Santa Cruz (Sud) – coupable d’avoir transféré 55 millions de dollars d’argent sale dans des paradis fiscaux entre 2010 et 2013. L’argent a ensuite été utilisé pour acheter des bons du Trésor argentin, puis déposé sur les comptes d’Austral Construcciones, une société appartenant à M. Baez.

Lazaro Baez avait créé un empire commercial dans le sud de Santa Cruz, remportant des appels d’offres pour des activités pétrolières et de travaux publics sous la présidence des Kirchner. Il est notamment le constructeur du mausolée où reposent les restes de l’ancien chef de l’Etat, décédé en 2010. Vingt-deux autres personnes ont été condamnées lors du même procès à des peines allant de deux ans avec sursis à neuf ans de prison ferme, dont les quatre enfants de l’homme d’affaires.

« Route de l’argent K »

Le cheminement de l’argent de la corruption a été appelé la « route de l’argent K » par les médias argentins, bien que, pour l’instant, la justice n’ait trouvé aucune trace d’argent sale ni sur des comptes liés aux Kirchner ni dans des cachettes ou des coffres-forts dans leurs propriétés. Pour deux des trois juges ayant condamné M. Baez, il est pourtant établi que ce dernier a construit son empire grâce à la préférence que lui accordaient les Kirchner lors de l’attribution d’appels d’offres. La troisième juge a toutefois voté en dissidence, considérant que, si l’origine de sa fortune est bien frauduleuse, elle est liée exclusivement à l’évasion fiscale et qu’il n’existe pas de preuves de liens avec l’attribution de marchés.

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via LeMonde

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