Un second Français détenu en Iran depuis neuf mois

La liste des ressortissants étrangers détenus en Iran s’allonge. Mercredi 24 février, l’avocat iranien Saïd Dehghan a annoncé qu’un citoyen français, un « jeune touriste » du nom de Benjamin, est incarcéré dans la prison de Vakilabad, à Machhad (Nord-Est) depuis mai 2020.

« Nous n’avons pas eu accès au dossier, mais les charges retenues contre notre client sont contradictoires et sans fondement », explique au Monde Me Dehghan. Le Français a été arrêté « avec une caméra GoPro et, non pas un drone, comme cela a été mentionné ailleurs », précise l’avocat. Confirmant son arrestation, le ministère français des affaires étrangères a indiqué que le jeune homme avait reçu « des visites consulaires ».

Une dizaine d’autres citoyens étrangers et binationaux sont actuellement détenus en Iran, dont une Française. L’anthropologue franco-iranienne Fariba Adelkhah est assignée à résidence à Téhéran depuis octobre 2020, après seize mois de détention dans la prison d’Evin dans la capitale. Condamnée à cinq ans de prison pour « collusion en vue de porter atteinte à la sécurité nationale » et « propagande » contre la République islamique – des accusations qu’elle réfute –, la chercheuse est placée sous surveillance électronique, avec interdiction de se déplacer au-delà d’un périmètre de 300 mètres autour de son domicile.

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Mercredi, devant le Conseil des droits de l’homme des Nations unies à Genève, le ministre français des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a dénoncé ce qu’il a assimilé à de la « prise d’otage » de la part de l’Iran et de nouveau réclamé sa « libération définitive » de Fariba Adelkhah.

Monnaie d’échange

Le compagnon de cette dernière, le chercheur français Roland Marchal, arrêté en même temps qu’elle en juin 2019, avait lui été relâché après neuf mois de détention, en mars 2020. Sa libération avait coïncidé avec celle de l’ingénieur iranien Jalal Rohollahnejad, qui était emprisonné en France depuis près d’un an. L’Iranien avait été arrêté à la demande de Washington qui l’accusait d’avoir enfreint les sanctions sur l’importation de systèmes électroniques sensibles vers Téhéran.

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L’Iran a souvent, par le passé, utilisé les détenus étrangers et binationaux – dont il ne reconnaît pas la binationalité – comme monnaie d’échange dans ses pourparlers avec l’Occident. Dernier exemple en date, l’universitaire anglo-australienne Kylie Moore-Gilbert, arrêtée en 2018 pour espionnage au profit d’Israël, a été relâchée en novembre 2020, en échange de trois Iraniens, emprisonnés en Thaïlande pour une tentative manquée d’assassinat contre des diplomates israéliens en 2012.

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via LeMonde

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