Une médiation judiciaire proposée à Casino, accusé de contribuer à la déforestation en Amazonie

« Nous sommes ici pour suivre ce qui est en train de se passer derrière nous, au tribunal judiciaire de Paris, et pour vous raconter ce qui est en train de se passer chez nous, au Brésil. » Des représentants des peuples autochtones d’Amazonie ont pris la parole, jeudi 9 juin, à Paris, à l’occasion de la première audience de l’action en justice engagée contre le groupe français Casino, accusé de participer à la déforestation du Brésil et de la Colombie, et de commettre des atteintes aux droits de l’homme en vendant localement de la viande de bœuf produite dans ces pays.

Encadrés par des banderoles brandies par des militants d’Extinction Rebellion, devant des rondins de bois posés au sol, ils ont appelé la société civile à se mobiliser : « Le réseau de supermarchés Casino alimente la déforestation en Amazonie et au Cerrado brésilien. Nous avons besoin de votre aide pour nous battre contre ces pratiques car le siège de cette entreprise est ici », a insisté Dinamam Tuxa, membre de l’Articulation des peuples indigènes du Brésil (APIB).

Le groupe Casino a été assigné en justice en mars 2021 par une coalition internationale de onze acteurs (la Coordination des organisations indigènes de l’Amazonie brésilienne, la Fédération des peuples indigènes du Para, la Fédération des peuples et organisations autochtones du Mato Grosso, Envol vert, Mighty Earth, France nature environnement, etc.) pour manquement à son devoir de vigilance. La loi adoptée en 2017 oblige les grosses entreprises à prévenir les atteintes aux droits humains et à l’environnement, y compris lorsqu’elles sont commises par leurs filiales directes ou indirectes. Or, selon les associations environnementales et des peuples indigènes, Casino manque à ses obligations au Brésil et en Colombie, où il est l’un des plus gros acteurs du marché de la distribution.

Des parcelles brûlées et accaparées illégalement

Elles appuient leurs dires sur plusieurs rapports récents réalisés par différentes organisations (le collectif Reporter Brasil, Global Witness, Environmental investigation agency, Amnesty International, etc.). Selon ces enquêtes, Casino, par le biais de ses filiales Pao de Açucar et Exito, vend de la viande provenant d’abattoirs s’étant eux-mêmes fournis auprès de fermes participant à la déforestation et à de graves atteintes aux droits des peuples autochtones. Ce serait le cas, par exemple, du géant de la viande JBS, l’un des fournisseurs du groupe.

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via LeMonde

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