Vera Jourova : « La démocratie n’est pas acquise et nous devons la nourrir »

La vice-présidente de la Commission européenne, Vera Jourova, lors d’une conférence de presse à Luxembourg, le 22 juin 2021.

Affaire Pegasus, loi hongroise anti-LGBT, zones sans LGBT en Pologne, assassinat d’un journaliste aux Pays-Bas… L’Etat de droit en Europe n’est pas une chose acquise. Alors que la Commission publie, mardi 20 juillet, son deuxième rapport sur la question, afin d’en évaluer la pratique pays par pays au sein de l’Union européenne (UE), la vice-présidente Vera Jourova livre au Monde son analyse de la situation.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, juge « inacceptables » – si elles étaient avérées – les révélations faites dans le cadre de l’affaire Pegasus sur les pratiques de la Hongrie, qui a espionné des journalistes. Que peut faire la Commission ?

Il nous faut analyser cette affaire, que nous avons découverte dans la presse. Et voir si elle enfreint le droit européen. Si c’est le cas, nous lancerons une procédure d’infraction contre la Hongrie. A première vue, il me semble que la protection des données privées n’a pas été respectée.

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La liberté de la presse est-elle en danger en Europe ?

Il nous faut faire plus pour la liberté de la presse. La Commission n’a pas beaucoup de compétences en la matière, mais la situation des médias en Europe empire, que l’on parle de la sécurité des journalistes, de la situation économique des organes de presse ou des pressions politiques dont ils sont l’objet. La Commission veut utiliser au maximum les outils dont elle dispose et renforcer ses pouvoirs.

C’est-à-dire ?

En septembre, je ferai des recommandations aux Etats membres pour qu’ils protègent mieux leurs journalistes. Je ne m’attendais pas à ça mais les journalistes sont de plus en plus attaqués, sur Internet, mais aussi dans les manifestations ou dans la vie. Dernier exemple en date, l’assassinat tragique du journaliste néerlandais Peter R. de Vries. Les Etats membres doivent assurer la sécurité de tous leurs citoyens.

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Ensuite, avant la fin de l’année, la Commission proposera une directive, donc une législation, afin de protéger les journalistes et les militants des droits de l’homme victimes de poursuites-baîllon, ces actions en justice que lancent des gens puissants contre les médias afin de les faire payer et les décourager. Et, début 2022, la Commission présentera une loi pour la liberté des médias.

Il s’agit de donner un statut à ceux qui sont des piliers de la démocratie. Aujourd’hui, on protège les journalistes comme de simples citoyens. On ne prend pas en compte leur rôle dans la société. Il faut que cela change. La sécurité, nous en avons parlé. Cette législation aura aussi pour objectif d’accroître la transparence, afin de mieux savoir qui contrôle tel ou tel média.

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via LeMonde

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