Visite à haut risque en Chine pour la haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme


La haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, à l’ouverture d’une session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, à Genève, le 28 février 2022.

En visite officielle en Chine – « à l’invitation du gouvernement chinois », selon Pékin – du lundi 23 au samedi 28 mai, Michelle Bachelet, haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme doit se rendre à Kashgar et Urumqi. Ces villes sont les deux principales cités du Xinjiang, une région où plus d’un million de Ouïgours seraient détenus et où la Chine aurait commis « un génocide » , selon les accusations de plusieurs parlements nationaux. En raison de la politique zéro Covid, Michelle Bachelet ne passera pas à Pékin. Elle devait atterrir à Canton et mener des entretiens – vraisemblablement par vidéo – avec des responsables chinois, des représentants des milieux d’affaires, des diplomates et des « organisations de la société civile ».

Ce voyage est à haut risque pour l’ancienne présidente chilienne, dont on ignore si elle poursuivra ses fonctions à la tête du Conseil des droits de l’homme des Nations unies (OHCHR) à l’issue de son premier mandat de quatre ans qui s’achève le 1er septembre. « C’est le voyage de sa vie », estime l’ambassadeur d’un pays européen à Pékin. A Genève, les milieux internationaux critiques de la politique d’apaisement des agences onusiennes avec la Chine considèrent ce déplacement comme un « test crucial, presque définitif, de la crédibilité de l’agence ». Vendredi 20, Ned Price, porte-parole du département d’Etat américain, a déclaré que les Etats-Unis étaient « très inquiets » quant aux conditions de cette visite. « Nous ne pensons pas que la Chine lui garantisse l’accès nécessaire pour accomplir une évaluation complète et non manipulée de la question des droits de l’homme au Xinjiang. »

A quoi, à qui Michelle Bachelet aura-t-elle accès, et dans quelles conditions ? « Nous n’entrons généralement pas dans les détails au sujet des termes de référence », fait savoir la porte-parole de l’OHCHR. Comme avant toutes les visites de délégations onusiennes menées dans des pays au contexte compliqué, « les termes de référence » font l’objet d’un accord négocié en grand secret entre les deux parties durant des mois, sur ce que la mission pourra voir ou non.

L’ambassadeur d’un pays d’Europe centrale qui a visité le Xinjiang à l’invitation du gouvernement chinois raconte s’être rendu compte, au cours d’un échange ultérieur avec des ambassadeurs asiatiques qui avaient effectué eux aussi un déplacement organisé par Pékin dans cette région, que les passants rencontrés, officiellement par hasard, étaient à chaque fois les mêmes. « Nous avons comparé les photos et les vidéos prises notamment sur les marchés. C’étaient les mêmes personnes. Des figurants », confie-t-il.

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via LeMonde

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