Voyage immobile à Rome, la cité éternelle

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Publié aujourd’hui à 18h00

Rouler en scooter comme Nanni Moretti

Le comédien et réalisateur italien Nanni Moretti, dans son film « Journal intime ».

Vespa noire et casque blanc sur la tête, dans le premier chapitre de son film Journal intime (1993), Nanni Moretti traverse à faible allure la ville saisie dans la torpeur du mois d’août. De son quartier favori, Garbatella, à Monteverde, Vigne Nuove, Spinaceto, Casalpalocco, et jusqu’à la plage d’Ostie où a été assassiné Pier Paolo Pasolini, le réalisateur évoque la naissance de ces « zones urbanistiques » édifiées au siècle dernier. Avec des images panoramiques des façades et une bande-son irrésistible, il parvient en quelques mots à esquisser leur histoire, celle des luttes populaires ou de l’embourgeoisement. « Que ce serait beau un film fait seulement de maisons », commente-t-il en voix off avec poésie.

Journal intime, de Nanni Moretti, en Location à partir de 2,99 € sur la Cinetek ou Arte Boutique.
A Rome avec Nanni Moretti, Giorgio Biferali et Paolo Di Paolo, La Table Ronde, 2017, 176 P., 17,50 €.

Croquer une salade de puntarelle

La salade de puntarelle, un incontournable des tables romaines.

De la grande et belle famille des chicorées, la puntarelle, qui a récemment fait son entrée en France dans les restaurants, figure depuis toujours sur les cartes des établissements romains parmi les contorni, ces accompagnements que l’on déguste entre deux plats. Principalement consommée dans la région du Latium, la puntarelle se savoure surtout crue, en salade. Les feuilles sont alors mises de côté pour se concentrer sur les pousses formant le cœur du légume. Lavées et coupées dans la longueur en fines lamelles, elles trempent d’abord dans un saladier avec des glaçons et la moitié d’un citron. Dans un mortier, piler 7 à 8 filets d’anchois à l’huile, une ou deux gousses d’ail, et y ajouter huile d’olive et vinaigre blanc. Mélanger le tout pour allier à la saveur profonde de l’anchois l’amertume et le croquant de la puntarelle. Un beau mariage à l’italienne.

Succomber à la chanson italienne

Les rappeurs Franco 126 et Carl Brave.

Venus du quartier du Trastevere, les jeunes gens du « crew CXXVI » (prononcer « centoventisei ») doivent ce 126 accolé à leur nom d’artiste au nombre de marches de la Scalea del Tamburino, grand escalier plus proche d’un lieu où l’on zone que d’un chef-d’œuvre baroque. Parmi eux, Franco 126, qui, avec Carl Brave, sortait en 2017 Polaroid, album d’une jeunesse romaine un peu désœuvrée, qui grandit sur les sanpietrini, au milieu des touristes et d’un passé parfois trop lourd pour elle. Mélodies légères, autotune mélancolique et dialecte romain parviennent à dire les chaudes nuits d’été passées à errer dans la ville à pied, les petits boulots au noir, les grands-pères nostalgiques du Duce, les dimanches matin au marché mythique de Porta Portese et les soirées au San Calisto, rade incontournable jouxtant la Piazza di Santa Maria in Trastevere.

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via LeMonde

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