Washington et Bagdad s’accordent sur le retrait des forces combattantes américaines d’Irak

Le premier ministre irakien, Mustafa Al-Kadhimi, et le président américain, Joe Biden, dans le bureau Ovale de la Maison Blanche, à Washington, le 26 juillet 2021.

Réunis dans le bureau Ovale lundi 26 juillet, le président américain, Joe Biden, et le premier ministre irakien, Mustafa Al-Kadhimi, ont signé un accord mettant fin à la mission de combat des troupes américaines en Irak à la fin de l’année 2021. Cet accord, à la différence du retrait complet des troupes d’Afghanistan ordonné par le président démocrate à l’échéance du 31 août, ne met pas un terme à l’engagement militaire américain en Irak. Il ouvre une « nouvelle phase » dans la coopération militaire entre les deux pays : des soldats resteront pour former et assister les forces irakiennes, a indiqué le locataire de la Maison Blanche, sans en préciser le nombre.

« Notre combat commun contre l’organisation Etat islamique [EI] est essentiel pour la stabilité de la région, et notre coopération en matière de lutte antiterroriste va se poursuivre tandis que nous évoluons vers cette nouvelle phase, dont nous discutons », a ajouté Joe Biden. « La relation va complètement évoluer vers un rôle de formation, de conseil, d’assistance et de partage de renseignements », a précisé le département d’Etat américain dans un communiqué. Selon des responsables de l’administration Biden et du Pentagone, cette nouvelle phase donnera lieu au retrait de quelques-uns des 2 500 hommes encore stationnés en Irak et à la requalification sur le papier du rôle dévolu aux autres.

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La signature de cet accord n’est en soi qu’une formalisation du processus de retrait engagé par l’ancien président Donald Trump. La majorité des troupes américaines, envoyées en 2014 dans le cadre d’une coalition internationale pour aider Bagdad à défaire l’EI, qui s’était emparé d’un tiers de l’Irak, ont été retirées. Depuis la proclamation de la « victoire militaire » sur le groupe djihadiste en décembre 2017, officiellement, les soldats américains encore déployés dans le pays ne combattent pas et jouent déjà un rôle de « conseillers » et de « formateurs ». Des responsables américains ont toutefois reconnu qu’un petit nombre de forces spéciales accompagnaient occasionnellement les forces antiterroristes irakiennes dans leurs missions de combat contre les cellules djihadistes.

Un bon compromis pour Mustafa Al-Kadhimi

Les contours de cette « nouvelle phase » de coopération militaire entre Washington et Bagdad offrent un bon compromis à Mustafa Al-Kadhimi qui, depuis sa nomination en mai 2020, doit composer entre les deux parrains rivaux, l’Iran et les Etats-Unis, entrés en confrontation ouverte sur le sol irakien. L’annonce d’un calendrier de retrait des forces combattantes américaines lui permet de donner des gages aux milices chiites pro-Téhéran, et à leurs soutiens nombreux parmi la population irakienne, à trois mois des élections législatives prévues le 10 octobre, où il entend briguer un nouveau mandat.

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via LeMonde

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