Zimbabwe : le gouvernement sous le feu des critiques pour avoir suspendu le crédit bancaire


Des personnes font la queue devant une banque afin d’obtenir des dollars américains à Harare, le 24 décembre 2021.

Le gouvernement du Zimbabwe est sous le feu des critiques depuis samedi 7 mai pour avoir imposé un gel des prêts bancaires, une décision qui va favoriser le développement d’un système bancaire parallèle et mettre en péril la reprise économique d’un pays en plein marasme, ont mis en garde lundi les milieux d’affaires.

Le président Emmerson Mnangagwa a sommé samedi les banques de suspendre leurs activités de crédit, dans le cadre d’un plan de redressement du pays miné par une inflation galopante nourrie par la guerre en Ukraine et l’envolée des prix des matières premières.

Un taux directeur le plus élevé au monde

Début avril, la Banque centrale du Zimbabwe avait relevé, pour juguler l’inflation, son principal taux directeur de 60 % à 80 %. Ce taux est actuellement le plus élevé au monde et constitue un record absolu pour ce pays d’Afrique australe, selon l’agence financière Bloomberg.

Le gel des crédits bancaires vise, selon l’exécutif, à mettre un coup d’arrêt à la spéculation contre la devise zimbabwéenne qui se négociait ces derniers jours sur le marché parallèle à près de 400 dollars zimbabwéens pour un dollar américain, soit plus du double de son taux officiel.

La Chambre de commerce et d’industrie a, pour sa part, fustigé dans un communiqué la décision de l’exécutif qui « légitime un système bancaire parallèle à des taux usuraires ». « Aucun investisseur ne s’intéressera à une économie où l’on peut geler les crédits bancaires du jour au lendemain », a-t-elle mis en garde.

Les principales banques du pays ont, quant à elles, entamé des discussions dès lundi avec la Banque centrale. Shepard Ngandu, un responsable syndical du secteur bancaire, a souligné lors de ces discussions que « le crédit est la première source de revenus d’une banque ».

L’économie du Zimbabwe est plongée depuis plus de vingt ans dans une crise profonde qui a notamment entraîné un retrait des bailleurs internationaux en raison d’une dette insoutenable. La hausse des prix des produits de première nécessité s’est récemment aggravée avec le conflit en Ukraine, alors que la Russie est le premier fournisseur de blé du pays.

Le Monde avec AFP

via LeMonde

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