Arrestation de militants et responsables de Pastef : Amnesty et Cie appellent à une enquête «transparente»

Le climat de tension qui règne actuellement au Sénégal «porte atteinte aux droits et libertés fondamentaux». Ainsi parlent plusieurs organisations de la Société civile qui condamnent le recours à la violence.

Depuis quelques jours, la police procède à une série d’arrestations de militants et responsables de Pastef. La Rencontre africaine pour la défense des droits de l’Homme (Raddho), la Ligue sénégalaise des droits humains (Lsdh), AfrikaJom center, Amnesty international Sénégal et Article 19 Sénégal/Afrique de l’Ouest appellent à des enquêtes qui doivent être menées de «façon transparente et indiscriminée, sans cibler les membres d’un groupe en particulier». Que ce soit l’épouse de l’Adminis­trateur général du parti, Biram Souléye Diop, les responsables et jeunes arrêtés, ils doivent être présentés à un juge dans les délais requis et inculpés pour une infraction prévue par la loi ou libérés, soutiennent ces organisations.
Ces dernières expriment leur préoccupation par rapport aux conditions de détention dans «les locaux de garde à vue où la promiscuité ne permet pas de respecter les mesures-barrières édictées par les autorités sanitaires pour prévenir le Covid-19». Elles rappellent que le droit de ces personnes d’être assistées par un avocat doit être respecté à toutes les étapes de la procédure à leur encontre. Il s’agit en effet d’une disposition de l’article 5 du règlement n°5 de l’Uemoa relatif au droit d’assistance par un avocat dès l’interpellation. Sadikh Niass de la Raddho, Assane Dioma Ndiaye de la Lsdh, Seydi Gassama, d’AI Sénégal, Fatou Jagne Senghor, d’Article-19 Sénégal/Afrique de l’Ouest et Alioune Tine, AfrikaJom Center, pensent aussi que «les allégations de torture» faites par les avocats de certains détenus doivent faire l’objet d’enquêtes et de poursuites judiciaires si elles sont avérées.
Dans un communiqué, ils condamnent tout recours à la violence ainsi qu’aux menaces et injures proférées contre les journalistes et toute personne exerçant ses droits notamment sa liberté d’expression par quelque moyen que ce soit. Toutefois, ils estiment que «les allégations de menaces et d’injures ne peuvent en aucun cas être utilisées pour faire taire les critiques légitimes de citoyens contre l’action de leurs dirigeants dans un Etat démocratique». Alioune Tine et Cie sont d’avis que le Sénégal a besoin de paix pour relever les défis liés à la pandémie du Covid-19. Tous les acteurs de la vie politique, sociale et religieuse, disent-ils, doivent œuvrer pour la paix et la concorde nationale. Pour eux, le climat de tension qui règne actuellement au Sénégal «porte atteinte aux droits et libertés fondamentaux». Depuis le 8 février 2021 suite aux manifestations de soutien au leader du parti politique Patriotes du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité, (Pastef-Le Patriotes) accusé de viol, le pays vit sous tension. Des manifestations marquées par des actes de violence et une répression par les forces de sécurité, dénonce la Société civile. Elle ajoute que des arrestations de militants et sympathisants du parti politique Pastef-les patriotes, ou des personnes supposées proches de ce parti, ainsi que la multiplication d’allégations de menaces par voie électronique ont été aussi notées.

via LeQuotidien

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