Arrestation de Ousmane Sonko – Mercredi des cendres : Le leader de Pastef en garde à vue à la Section de recherches pour trouble à l’ordre public

Des scènes de violence ont été notées à Dakar après l’arrestation du leader de Pastef, le député Ousmane Sonko. Des milliers de jeunes ont déversé leur colère dans la rue, hier.

L’annonce de l’arrestation de Ousmane Sonko a mis le feu aux poudres dans plusieurs endroits à Dakar. L’air de l’avenue Blaise Diagne était devenu irrespirable dans la journée. Gazés par les Forces de l’ordre, les jeunes ont engagé une course-poursuite dans les ruelles de la Médina avec des nervis armés de gourdin. Ces derniers n’hésitaient pas à lancer des pierres pour riposter à l’attaque des protestataires. Mais déterminés à mener la vie dure aux policiers, les manifestants revenaient toujours à la charge. Le face-à-face entre les manifestants armés de pierres et les policiers usant de gaz lacrimogènes a rythmé cette voie très fréquentée pendant plusieurs heures.
«Blaise Diagne» était impraticable. Les automobilistes, la peur au ventre, tentaient de trouver des voies de contournement en passant par de petites ruelles. Une situation qui a créée des bouchons un peu partout dans la Médina et à Colobane. Après plusieurs minutes de tension, les affrontements ont fini par baisser en intensité. Mais ils ont laissé des stigmates. Des pneus, des troncs d’arbres et des tables-étals brûlés, jonchaient le sol, témoignaient de la violence des échauffourées entre les belligérants.
Autre lieu, mêmes scènes. Ici, sur les Allées du Centenaire, des échauffourées ont opposé la gendarmerie à de jeunes gens. L’avenue du Centenaire, située à des jets de pierre de la Section de recherches de la gendarmerie de Colobane, finit par ressembler à un champ de bataille. Une foule immense, composée de jeunes aux visages masqués, les mains armées de pierres, qui scandaient : «Libérez Sonko ! Libérez Sonko ! Libérez Sonko !» En face d’eux, seule une poignée d’éléments du Groupement d’intervention de la Gendar­merie nationale (Gign). Impuissants face à la furie des manifestants, ils ont levé les mains en l’air pour appeler à l’apaisement. Un appel qui, pendant plusieurs minutes, n’a pas eu d’écho favorable. Les contestataires ont continué leur jeu favori. Après quelques instants, les «meneurs» ont réussi à calmer leurs camarades et ils se sont repliés du côté de la Médina. Un calme qui sera de courte durée. La police ainsi que des éléments en civil sont arrivés sur les lieux à bord de plusieurs véhicules pick-up.
La tension est remontée aussitôt d’un cran. Sur place, on entendait de fortes détonations venant du côté de Colobane et alentours. Les lacrymogènes ont fini de rendre l’atmosphère irrespirable. Des larmes coulaient des yeux des uns et des autres. Chacun cherchait par tous les moyens à calmer la douleur en aspirant l’odeur de vieux journaux brûlés ou encore en aspergeant de vinaigre les masques qui couvrent les nez.
Dans la foulée, le commandant des troupes est informé par une dame, du sort d’un de ses éléments qui, pris au piège, a été obligé de se retrancher quelque part. Maintenant il fallait trouver les moyens d’aller le tirer d’affaire le plus rapidement possible. Sirène hurlante, un véhicule noir de la Brigade d’intervention polyvalente (Bip) est parti pour l’opération sauvetage. On ne connaîtra malheureusement pas la suite. De l’autre côté, une colonne de véhicules de la gendarmerie, fit son apparition. Les éléments qui étaient à bord formeront vite un cordon de sécurité autour de la caserne pour éviter toute mauvaise surprise. Jusqu’au soir, la tension était assez palpable à Dakar.

via LeQuotidien

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