Ousseynou Ly de Pastef : «Bby est perfusée avec l’argent du contribuable»

Responsable de Pastef, Ousseynou Ly «espère que pour une fois, Macky Sall prête ra une oreille attentive» au Khalife général des Mourides pour satisfaire les exigences de l’opposition. Ce membre du secrétariat à la Communication des Patriotes explique ici la raison des tournées de son leader, Ousmane Sonko, et répond à la coalition Benno bokk yaakaar qui accuse Pastef de «pratiques insurrectionnelles».

Etes-vous optimiste par rapport à la médiation du khalife général des Mourides et les 10 points d’exigence de l’opposition au Président Macky Sall ?

Nous espérons, que pour une fois au moins, Macky Sall prêtera une oreille attentive à cette demande du khalife et de toutes les autorités religieuses de ce pays. A lui de voir s’il veut être un homme de paix ou non, et de démontrer qu’il était sincère dans son appel à l’apaisement. Nous en tant que citoyens, fils et talibés, notre devoir était de donner un «Oui» sans réserve aux requêtes du khalife Serigne Mountakha Mbacké. Ce que nous avons fait car, dans notre démarche politique, nous veillerons toujours à ce que le pouvoir spirituel occupe la place qui sied dans son interaction avec le temporel. Nous ne les considérons pas comme des citoyens ordinaires mais les garants de notre stabilité et cohésion nationale.

Ousmane Sonko est-il en train de se positionner comme le leader de l’opposition avec ces visites aux acteurs politiques et de la Société civile ?

Le positionnement en politique est apprécié par le peuple qui est le seul habilité à arbitrer la confrontation des idées et programmes. L’agenda actuel du président Sonko est une suite logique de la répression violente des manifestations pacifiques du peuple. Les martyrs, les blessés et les combattants de la démocratie méritent reconnaissance. Les visites interviennent également dans un contexte particulier où ces acteurs politiques et de la Société civile se sont levés comme un seul homme pour dire stop à Macky Sall et à son régime dans leur projet de liquider un adversaire politique et d’installer de façon séquencée une dictature qui assurerait le mandat à vie. L’arrestation du président Sonko n’a été que le fait déclencheur, mais le combat va au-delà de sa personne ou de Pastef. Et comme il l’a rappelé quand il a rendu visite à Thierno Bocoum, les problèmes du Sénégal ne peuvent être réglés par un seul homme. Le leadership pluriel serait le mieux indiqué pour nos défis actuels. Si cette dynamique est enclenchée dans l’opposition, cela peut faciliter beaucoup de choses. La classe politique sénégalaise doit se hisser aux attentes de son peuple. Telle est la lecture à avoir de ces derniers évènements.

Pourquoi ni Ousmane Sonko ni Pastef n’ont réagi après la sortie de Adji Sarr ?

Nous ne sommes pas dans la comédie et nous nous interdisons la théâtralisation de la souffrance des Sénégalais. La meilleure réaction se fera devant le juge impartial et dans un procès public et équitable.

D’après le ministre de la Justice, certains crimes ont été perpétrés par des partisans de Sonko lors des récentes manifestations

Ses propos relèvent d’une absurdité énorme. Cet homme mérite-t-il encore son rang de ministre ? Il y à 2 semaines c’est lui qui qualifiait les manifestants et casseurs de lutteurs frustrés de n’avoir pas vu les arènes depuis un an. S’il revient aujourd’hui pour raconter ces bêtises qu’un enfant de l’élémentaire se refuserait de croire, cela ne doit point nous surprendre. Les récents évènements nous ont montré à quel point le peuple souffrait mais de l’autre côté, ils ont laissé apparaître à quel point nos dirigeants peuvent être irresponsables. Aujourd’hui, des nombreuses vérités qui ont jailli de cette affaire, la démission de cet homme et de son collègue de l’intérieur est plus qu’une urgence vitale. Je rappelle que c’est ce ministre qui administre le parquet dont le procureur de la République, qui est un acteur éminent dans les dossiers politico-judiciaires. Ce qu’on a vu durant les manifestations et qui a choqué même la communauté internationale, c’est les centaines de nervis armés et déployés sur le terrain pour casser du manifestant. D’ailleurs, cela a soulevé une vague d’indignation jusque dans les bureaux des organismes de défense des droits de l’homme. Les morts dans ces émeutes ont pour seul et unique responsable son chef, Macky Sall.

La coalition Benno bokk yaakaar accuse Pastef de pratiques «insurrectionnelles» pour accéder au pouvoir. Que répondez-vous ?

Voilà un conglomérat d’hommes du crépuscule qui sont perfusés avec l’argent du contribuable pour en retour ne rien servir au peuple sénégalais, si ce n’est servir de décor durant les cérémonies officielles. S’ils acceptent encore d’avoir bonne conscience ou bonne mémoire, ils doivent se rappeler que le seul acteur politique à avoir incité à l’insurrection pour accéder au pouvoir en 2012 c’est bien Macky Sall. On se souvient encore de sa fameuse sortie : «J’appelle tous les militants républicains et sénégalais à venir nous rejoindre dans la rue pour faire cesser ce processus de monarchisation du Sénégal. Le combat contre ce régime se fera dans la rue». La plus grande posture insurrectionnelle, c’est de faire la bamboula à coup de milliards avec des institutions inutiles, pendant que des jeunes diplômés sont sans emploi et que nos hôpitaux sont transformés en mouroirs. Voilà une pratique insurrectionnelle depuis 60 ans.

Pastef est-il aujourd’hui scindé en 2 camps, avec une frange qui réclamerait la démission de Sonko pour ne pas réduire les chances du parti en 2024?

C’est le souhait de nos adversaires. Rien ne leur ferait plus grand plaisir que de voir Pastef voler en éclats. Qu’ils souffrent encore car ce n’est pas demain la veille de cette fissure qu’ils tentent d’inoculer à Pastef par des tentatives de manipulation vaines. Pastef est entier et la dynamique unitaire se renforce et se cimente dans chaque épreuve. Depuis le début de cette cabale sordide, les adhésions ont explosé comme jamais, tant à la base qu’au niveau des mouvements des jeunes, des femmes ou des cadres. Nous n’envisageons pas nos perspectives politiques sans le Président Ousmane Sonko. Ce projet a vu le jour avec lui et il se concrétisera avec lui en 2024, inshallah.

via LeQuotidien

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